I
L’absolue nécessité, la condition sine qua non, l’impérieuse obligation, c’est les pieds. Et donc les godillots. Le moindre cor, l’entorse bénigne, le début d’un ongle incarné, t’es mort. Tu peux plus bouger, tu peux plus courir, tu peux plus te sortir d’un mauvais plan, t’es mort. C’est donc pour ça, devant le stand du gars de l’armée du salut, drôle d’armée, salut non garanti malgré d’éventuelles réclamations, c’est donc pour ça que je pris tout mon temps, une quasi éternité en somme, pour choisir ma paire de pompes. Le piège, c’est les américaines tape-à-l’œil, t’es bien dedans, c’est souple comme tout, mais fabriquées par des niaques de 10-12 ans, ça tient pas la distance, la flotte, les aléas de la maraude ; à l’opposé, les machins semi-militaires ou les bottes de mareyeur, ça respire pas, te flingue les arpions, et tu reviens à ton point de départ. Le gars semble gentil, un peu niais, mais tu sens qu’il s’impatiente ; il est tôt, on est nombreux. Il se triture l’oreille et se frotte les joues, ça me déconcentre. Ça gueule derrière, enfin ça ronfle, ça grommelle comme un maréchal ; allez, je prends les pompes de chantier mais avec un intérieur sans couture et pas trop lourdes, merci, salut. Il me reste un peu de sous pour le car, à deux pas, mais je choisis de m’éloigner à pince, je vais tenter le bac ; on m’a dit qu’en aidant les passagers payants à charger leurs bagages, l’équipage acceptait parfois que tu montasses gratos pour une traversée. Pas cher, plus loin. Je me rendis donc jusques au quai, il faisait déjà chaud, les gens semblaient épuisés, auréoles, cheveux du cou plus sombres et luisants, impatience, gosses qui traînent les pieds voire qui chouinent. Je remonte toute la file, je repère les plus encombrés, les plus lasses, les plus cons. Une grosse bourge me regarda en coin, je lui rendis un clin d’œil des deux yeux, comme font les chats, genre pas malin mais serviable et musclé, je peux vous aider Madame, c’est gratuit, vous ne risquez rien, c’est bourré de témoins oculaires, elle hésite, mais dépassée par la quantité, le poids, la pression de la queue et la déclivité de la passerelle, elle me laissa poser les paluches sur ses bagages, de jolies pièces avec les lettres DHR en relief, ou un clébard dessiné vite-fait. Je sais pas si elle est bardée de joujoux, sous-vêtements et parfums, bouquins et autres inutilités, mais le tout pèse un poney mort, et je manque de valdinguer une fois engagé vers le ponton, pas un seul de ces connards en uniformes qui m’aiderait, pas grave, je sue, j’ahane, mais j’aurai ma place pour partir, je vous le garantis. Un dernier sac, un signe à ma bourge, et hop, je suis à bord, et personne ne dit rien. Je m’attarde pas, je file le long d’un ponton, je me cale entre deux groupes – des militaires en goguette à droite, une famille nombreuse à gauche.
(…)

Et ……
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A la fin ils couchent ensemble…😁
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Oh putain 😱😱😱…….’Il » recommence……
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Anakin bombardé General…
Eskiousez-moé…
Missa causé peut-être une ou deux little piccoli phrasé chinoisé, disons boum le gaz, et carabouillis limousine big boss, alors pas comprendo texto gungan…
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