LES CHRONIQUES, LA MER, D’ACIER & DE MOUSSE (numéro 1)
J’ouvre l’été des chroniques avec l’histoire édifiante et pathétique d’Edward Louis Severson III, dit Eddie Vedder.
La bio de l’icône du grunge et leader de Pearl Jam est bien connue : une enfance bringuebalée, des divorces, Evanston la paumée froide et San Diego la junkie chaude, deux pères, qui est le vrai, qui est le faux, la musique, le surf, la solitude et cette voix exceptionnelle, à la fois sauveuse et torturée.
Laissons, sur le bord de la route, le star-system, les racontars de Philippe Manoeuvre, le branchouille intello des Inrocks, les charts et les classement de guitaristes ; le rock, notre rock, mérite mieux. Le rock, notre rock, transpire dans le gymnase du collège, dans les premiers émois et les premières gorgées de bière, dans la moiteur de Bercy, nous galvanise et nous tue, nous permet, en intermittent, de réveiller et rameuter la colère, la révolte, l’insoumission.
Eddie Vedder chante et déchante l’amour arraché à la douleur et à la mise à l’écart, l’énergie de la jeunesse qui peut tout et ne se regagne jamais, le trajet et la désolation, le rapport au monde et le monde sans rapports. Eddie Vedder chante :
Do I deserve to be
Is that the question
And if so…if so…who answers…who answers
Le palmarès des 90ties agglomère Bad-Radio, Mother-Love-Bone, Temple-of-the-Dog, et, bien entendu, les célébrissimes Soundgarden, Nirvana, Pearl Jam. Le suicide à grosse reverb de Kurt Sancti Cobain a planté Vedder devant la peine, le manque mais aussi l’incomparabilité ; la rockstar, la popstar légendaire se doit de mourir à 27 ans, ou à peine davantage, sinon il y a maldonne de légende. Vedder finira en vieux rocker, en vieux mari et vieux père, millionnaire à la veste dégueulasse, le BHL de Seattle (oui, je suis dur mais ma femme l’approuve).

Pourtant, le poète n’est pas homme à ikigai ; il crie, il saigne, il se débat contre la bête et finit invariablement estropié, dingue ou pyromane capillaire. La société le moque et le foule, même quand elle semble indiscutablement envieuse. Telle est la loi, telle est la vie, tel est guillaume (excellent, ça).
Le sang n’est jamais plus noir que lorsqu’il coule sur l’or.

Excellent. Mais qui est donc ce jeune auteur si inspiré ?
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Tu devrais écrire des livres… Ou au moins des dictionnaires 🤣🤣🤣
Plus sérieusement 👍👍👍👌👌👌
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Black aurait été plus dans l’actualité 😁
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