LES CHRONIQUES, LA MER, D’ACIER & DE MOUSSE (numéro 2)
L’art de l’entretien se perd, mes pauvres amis.
L’artisanat de l’entretien (ITW chez les modernistes) est en grand danger ; le génie de « l’autre », l’écoute, l’attention portée à l’interlocuteur, cette capacité à laisser la place et à révéler, parfois malgré lui, son hôte audio-visuel, me parait en voie (voix ?) de disparition.
Lorsque sévissent les Hanouna, Fogiel, Delahousse-de-siège, et que – notre agacement en témoigne – l’invité n’a plus le loisir d’en placer une, tant l’animateur sarkozyste livre les questions et les réponses, coupe la parole et les cheveux en quatre, interrompt et juge à tout-va.
C’est insupportable mais, pourtant, l’audience est au rendez-vous. Masochisme émollient des masses médiatiques.
Je suis retombé par hasard sur quelques perles enfilées (et il n’enfilait pas que des perles, le bougre) par M. Jacques Chancel, au long de ses remarquables « Radioscopies » (1968-1990), au cours desquelles des Aron, Sartre, Brel, Ventura, Signoret, Malraux, Gary se livraient plus ou moins facilement, plus ou moins à contre-coeur, mais avec la subtile instillation du journaliste à se montrer tels qu’en eux-mêmes.
Mon ami @Guigs la Mangouste me faisait remarquer l’autre soir que M. et Mme Mbemba avait sans doute choisi le prénom de leur solide rejeton en écoutant Radio-France depuis les confins de la brousse, ce à quoi je répondis : « sans doute, mon ami @Guigs la Mangouste mais sans doute pas. »
Ce talent si singulier à accoucher autrui, sans gants (et sans diplôme), cet admirable intérêt sincère pour découvrir la femme ou l’homme derrière le masque et la rumeur, et ce recours magique à la voix, qui change tout et nous accompagne jusque tard dans nos nuits torrides, nous risquons de le perdre, purement et simplement. Le cultissime « Du Jour Au Lendemain » d’Alain Veinstein, autre maître forgeur d’instants vrais, a été supprimé des grilles de France Culture. Le « Divan » d’un autre enfileur célèbre a disparu avec son artisan principal. Et le gars à perruque en peau de fesses de Poltrone-Sofa ne représente en aucun cas une alternative crédible.
Aussi, en ces temps troubles où, comme l’écrit le plus grand poète vivant actuel :
Combien de cris pour aucune oreille
Nos vies ne valent plus grand chose et nos palabres sont émiettées par l’assujettissement et le flot internet, je vous invite, mes amis, à reprendre la parole et à écouter l’autre. L’autre lointain, l’autre intime, l’autre intérieur.
Grand bien vous fasse.

S’il naissait aujourd’hui, Mbemba ne s’appellerait donc pas « Chancel », mais Laurent Delabrousse☝️😁
Très bonne chronique, again😉🍭😁
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Merci Mon Grume… j’essaie de varier et de surprendre… et je rêve toujours d’avoir mon like de @elisabethduchaine !
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C’est un beau texte.
Et ce genre de plaidoyer n’est jamais inutile
Bavo.
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Merci M’sieur ! 😉
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C’est bien beau tout ça, mais Alainv Einstein jouait dans quel club et à quel poste ??? Car je n’ai rien trouvé sur sa carrière sur transfertmarkt…
De même, pour son frère Franck Einstein… Rien…
En tout cas, cette fois ci j’ai presque tout compris à ce charabia… 😁😁😁
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