Payet l’Enchanteur

Avant propos

Nous sommes en janvier 2022. Le monde vit au rythme de ses nouveaux variants, la majorité des français pensent que Zelensky est probablement le nom d’un « actrice » OnlyFans, et il est encore possible d’acheter des pâtes et des côtelettes d’agneau sans hypothéquer sa maison et sa femme. Du côté de l’OM, grâce à l’inspiration de Costil et d’Under, le club entrainé par Sampaoli signe une victoire historique en terre girondine et tente de suivre le rythme soutenu de l’OGC Nice de Galette, qui est là bas comme un poisson dans l’eau (« ils ne sont pas très drôle pour des poissons clowns »- Le monde de Némo). C’est à cette période que les membres du comptoir ici présent m’ont proposé de les rejoindre dans l’aventure de L’APÉRO. Avec plaisir, et de ma moins vilaine écriture, je décide d’écrire un texte sur Dimitri Payet, qui illumine le championnat et bonifie l’organisation de Sampaoli par ses passes et ses buts magnifiques. Dim, ciblé tout l’automne par les abrutis de Nice et de Lyon, est dans la forme de sa vie, et pourtant de Bielsa à West Ham, en passant par le printemps européen de Garcia, il a déjà étalé son talent à la face du monde. Le papier est écrit. Il ne me reste plus qu’à le relire le lendemain et je le proposerai à l’équipe. Sauf que le soir même nous perdons contre le Lyon de Péter Bozo un match que nous n’aurions jamais du perdre. Sauf que c’est la soupe à la grimace. Sauf que ce n’est pas le bon moment à présent. Je met le papier dans la poche de ma veste, on verra plus tard. Nous sommes en janvier 2022:

L’ an Payet

Quand les journalistes présents sur le tarmac demandaient aux Beatles comment s’appelait leur coiffure, G.Harrison répondait « Arthur », d’un ton absurde, si cher à l’humour british

Pour Payet et ses boulettes posées sur la tête l’humour capillaire se suffit à lui même : pas la peine d’en rajouter. Mais plutôt qu’Arthur, je serai tenté de le nommer « Merlin », tant le réunionnais enchante la saison du club phocéen par sa vision unique du jeu et sa technique majestueuse. Exit les plaisirs de la table. L’OM s’articule autour de Dimitri le magicien et des chevaliers de la balle ronde. ( Oui, lance-l’eau aussi fera parti du casting, malheureusement)

Partout, Dimitri régale. En veux tu, en voilà de la performance, de l’exemplarité, des lucarnes nettoyées et des ballons téléguidés. Depuis le premier match à Montpellier, dans une version footballistique d’Helter Skelter, sous l’œil bienveillant du producteur Jorge Martin Sampaoli, qui n’est évidemment pas étranger à la résurrection. Le chauve et le double boulu parlent le même football et El Pelado a su le remobiliser en lui confiant les clés du jeu, et toute la liberté dont il a besoin pour illuminer le jeu.

Et c’est cette stupéfiante régularité qui est pour nous tous un voyage en terre inconnue. Car des éclats de Payet, nous en avons évidemment déjà eu plein les yeux. Quand je repense à l’OM de ces 10 dernières années, une fois évacué le négatif et les années de transitions à n’en plus finir, les premières images qui me viennent à l’esprit sont ces giboulées de mars contre Leipzig ou l’exhibition de ses muscles le soir d’une victoire écarlate contre Lyon, et d’une fierté retrouvée. Mais jamais cet état de grâce n’avait semblé si loin de pouvoir un jour, peut être, s’estomper.

Je pourrai conclure en louant l’homme également, qui s’est métamorphosé en laissant de côté ses pseudo bouderies et ses provocations puériles au profit d’une communication mesurée et responsable dans laquelle il s’est engagé à lutter, seul contre tous, ou presque, contre la connerie humaine et la violence dans les stades. Mais je préfère terminer naïvement en clamant à quel point je suis heureux de supporter l’équipe dans laquelle joue aujourd’hui ce Dimitri Payet. C’est typiquement pour voir les gestes dont il a le secret, et par lesquels nous avons été bercé il y a longtemps que je m’intéresse encore à ce sport, et que j’aime, pour toujours, l’OM à en crever. Here comes the sun….

Conclusion:

Longoria et Payet ont annoncé ce jour là fin de l’aventure de ce dernier à l’OM, en tant que joueur du reste. S’il est mieux pour tout le monde de savoir se séparer intelligemment plutôt que de revivre une situation similaire à la saison dernière, avec un joueur qui ne joue pas et ne peut pas plus prendre que donner du plaisir, et un club qui doit composer avec un joueur inadapté à son système, aussi talentueux soit il, il n’en demeure pas moins, qu’un an après Mandanda, c’est un autre monument contemporain du club qui s’en va, et une autre page qui se tourne. L’histoire écrite dans le livre aurait sans doute pu être plus belle, plus brillante, auréolé de grands titres, certes. Cela ne m’a cependant pas empêché de prendre beaucoup de plaisir à la lire

Merci Dimitri !

Bonne route à lui !

Et allez l’OM, quoi qu’il arrive ! 🩵🤍

22 commentaires sur « Payet l’Enchanteur »

  1. On m’a suffisamment nargué sur ce site, pour le peu de temps que je suis sur ce forum, sur mon « amour » indéfectible pour Dim, qu’il me serait difficile de ne pas m’exprimer…
    Je sais être « entité négligeable » ici, toléré comme dirait un certain officier SS dans OSS117, mais je suis l’OM aussi 😉:

    On a peu entendu parlé de ces soldats yankee, braves trouffions (même s’il est rare de qualifier ces valeureux GIs ainsi, à cause de nos yeux d’européens bouffis d’envie) qui, pour ne pas perdre leur « mutuelle » santé et la couverture de l’état américain, ont osé, défier leur gouvernement , en divulguant l’usage d’armes « nucléaires » par leur propre nation (uranium appauvri monsieur, c’est différent…) pendant la guerre en Irak puis dans les balkans, causant d’irréversibles lésions à leur propres troupes sur place…
    Et pour cause: Ils ne furent guère nombreux…
    Ceux qui ont osé le faire ne sont sûrement plus de ce monde ou n’ont pas les moyens de le dénoncer !
    Cependant, et pour conclure un accord entre les deux parties, il faut savoir que:
    Ils se sont réunis autour d’une table.
    Avec beaucoup d’empathie réciproque.
    Que ce soit Georges W. Busch le républicain ou Bill Clinton, le démocrate, chacun avait beaucoup de respect pour le travail effectué par ces fabuleux soldats.
    Chacun savait reconnaître la bravoure, l’immense dévouement que ces hommes montraient pour le pays.
    Chacun savait louer l’éternel gratitude de la nation à l’egard de leur sacrifice…
    Une reconversion au sein de l’état major leur était très souvent proposé.
    Un hommage de la nation pouvait leur être rendu au cours des différentes commémorations annuelles de l’état américain…

    Merci Dimitri, et bon vent.
    Ce soir, je suis triste..’
    Sans toi, mon OM ne sera plus jamais le même

    PS: Tout va bien, Aubameyang vient de signer… à 34 ans…

    Aimé par 4 personnes

  2. Un aurevoir qui se fait avec une grande intelligence de la part de la direction et de Dimitri… Un aurevoir mais pas un adieu…
    Le club a eu la decence de lui proposer un poste dans l’encadrement et surtout un jubilé dans SON Velodrome… A très bientôt l’artiste…

    Que c’est dur de raccrocher, ce n’est jamais le moment, jamais l’endroit, on n’y est jamais vraiment préparé, on l’imagine d’une façon, puis d’une autre. On veut profiter des derniers matchs, de ses derniers buts, de ses dernières passes D, de chaque minutes sur le terrain, chaque seconde. Un frisson te gagne les dernières fois où tu poses ton sac dans les vestiaires, tu mets de plus en plus de temps pour te changer et savourer cette ambiance collective, ces rires et chambrages entre potes. Sur le terrain, tu accentues tes étirements au sol pour t’imprégner de l’odeur de la pelouse.
    Tes dernières foulees, tes derniers buts, tes dernières passes, tes dernières poignées de mains… Puis retour aux vestiaires, douches chaudes ou froides suivant les lieux, les économies, les choix.
    Et des lendemains qui ne chantent pas, au contraire. L’âge te rappelle que tu n’as plus 20ans, ton corps te dit pour la énième fois « stop !!!!!! ».
    Mais toi tu n’es pas prêt, le ballon c’est ton bonheur, le ballon c’est ton plaisir, le ballon c’est ta vie… Il t’a accompagné depuis tout minot…
    Non c’est décidé… C’est pas le moment d’arrêter…
    Tu as raison Dimitri, si tu en as le besoin, continue de jouer.
    L’Arabie Saoudite te tend les bras, accepte son accueil… Rejoins le gratin footballistique mondial, une étoile de plus dans le ciel… Mais celle là brillera toujours plus car elle est olympienne…
    Puis progressivement dans ce cimetière des éléphants, après maintes buts et passes D, tu glisseras lentement vers ta retraite amplement méritée.
    Merci Monsieur Payet…

    Aimé par 3 personnes

    1. Salut Cyrille,
      J’ai vachement de mal au partager ta vison du football, même mise en prose 😉.
      Ces concepts de rentabilité, efficacité etc…
      Tu es trop vieux, trop lent, hop: Arabie saoudite !
      Pourquoi vous êtes si nombreux à envoyer Payet en Arabie ?
      Ah oui, c’est dans l’air du temps.
      Je ne le vois certainement pas lui, aller dans ce pays, avec les valeurs locales… si je me trompe, je viendrai ici même m’en excuser !
      On se fout de leur championnat en bois mais ils ont de l’argent…
      Un peu comme un vieux milliardaire qui se paierait toutes les plus belles voitures du monde pour les faire tourner sur son vieux circuit en terre pourrie au fond de sa propriété !
      Je n’aime pas cette vision du foot, qui, tu as raison, ressemble à notre monde, consumériste, cupide et intraitable.
      Je n’aime pas cette façon contemporaine de se servir de tout, des gens et s’en séparer (même avec « tact » soit disant) parce que ce sera sans doute mieux autrement.
      C’est tellement QSG ça, et on voit le résultat…
      Pour refaire une analogie militaire, je pense que si j’étais russe, je serai + fier de mes compatriotes soldats dans la défaite que du groupe Wagner dans la victoire !
      Finalement, Payet aura eu droit au même traitement Mandanda. Les vrais fidèles du club sont « chassés »(dignement pardon) et on leur promet un futur retour,.
      Tout ça pour construire une équipe qui gagne…. rien pour le moment
      Car je tiens à bien préciser : je ne suis pas un vieux conservateur qui veut garder Payet en chaise roulante sur le terrain coûte que coûte . Non, je suis contre le fait de ne pas garder un joueur plus talentueux que certaines chèvres en place sous couvert de l’âge ou de je ne sais quel nouveau schéma de jeu… Payet sait et peut encore jouer.
      Encore une fois, Aubameyang a 34 ans. Vous êtes si sûr qu’il va performer ?

      Aimé par 1 personne

      1. Salut mon oliv’
        Payet aura 37ans au cours de la saison prochain. A 37ans alors qu’il a une hygiène de vie monstrueuse, Cristiano Ronaldo avait de plus en plus de mal. Je pense que tu ne le vois pas vieillir. Tu aurais voulu le voir dans quel style de Club ????
        J’adore ce joueur moi aussi mais il faut être lucide il n’a plus ses jambes d’avant… Et le voir dans un club de ligue1, et le voir dépérir un peu plus chaque we, non merci mais c’est trop pour moi. Je préfère finir sur l’image de ses saisons marseillaises…

        Aimé par 1 personne

  3. Très beau texte.
    Le choix de son plus beau but, son plus beau geste ou sa plus belle action ne sera pas facile.
    Il y en a tellement, entre les contrôles magiques, les déviations à l’aveugle, les passes lumineuses, les buts dans des trous de souris ou par une inspiration géniale, mais en occultant le contexte de chaque match, en temps que fils de Patator j’aurai toujours un faible pour celui contre le PAOK pour toute la pureté extrêmement complexe qu’il contient.

    Aimé par 2 personnes

    1. Celui contre le Paok est magnifique de pureté. Je n ai pas pu le glisser dans le texte car je voulais garder celui ci comme il était il y a 1 an et demi, mais l envie m a démange
      Ceux contre Leipzig aussi: celui qu on connaît tous, et la frappe sèche qu il avait mis qq minutes avant et qui fut annulé pour 1 HJ de Mitroglou
      Mais tellement de geste de classe, des déviations, des contrôles, des passes lobees, des passements de jambe- feinte- et le gardien qui sort sur blessure…The Artist…

      Aimé par 1 personne

  4. La cerise sur le gateau !
    On dira ce que l’on veut sur le respect accordé à Payet, mais filer le nº10 de Dim à Aubameyang, a peine 24h après son départ, c’est une forme de mépris
    Ça pouvait attendre le début de saison à minima….

    J’aime

Laisser un commentaire