Les cons ça ose tout.

C’est même à ça qu’on les reconnaît. Nul besoin d’arborer un maillot de football aurait pu ajouter Audiard dans la bouche de Lino Ventura. Les cons ne nous déçoivent jamais, leur imagination est sans limite. A tel point que je me dis souvent en mon for intérieur (oui j’aime bien me parler tout seul, ça me permet de me rendre compte que je ne suis pas toujours d’accord avec moi même) que s’ils employaient cette imagination fertile et cette énergie débordante à autre chose ils passeraient alors pour des génies. Hélas pour l’humanité, les cons sont sanguins et laissent souvent libre cours à leurs pulsions sans jamais se soucier des conséquences. Rassemblez-les dans un même lieu, au hasard un stade de football, et vous obtenez alors une foule d’imbéciles haineux ne respectant plus rien ni personne. Un con ça va, des cons bonjour les dégâts.

La violence dans les stades est semble t’il aussi vieille que le football lui-même. A tel point qu’elle en est devenue au fil du temps banalisée, tolérée, folklorique. Qu’elle soit verbale ou physique, elle se déverse sans crier gare comme une vague déferlante emportant tous les malheureux qui se trouvent sur son chemin. Qu’il s’agisse d’un gamin handicapé témoin impuissant du tabassage en règle de son père dans une loge à Ajaccio ou d’un père de famille qui fini sa soirée en soins intensifs après avoir été victime d’un lynchage collectif sous les yeux de son fils de 6 ans venu assister à son premier match de football pour soutenir son club de coeur dans les tribunes de la Beaujoire, rien n’échappe à la connerie humaine.

Ensuite on s’émeut, on s’indigne, on jure que cela ne devrait plus arriver. Et évidemment on se convainc que soi-même on n’y est pour rien. On rejette la faute sur son voisin, l’abruti au crâne rasé du siège 26 rangée D. Celui qui ne maîtrise plus très bien son comportement lorsqu’il a trop bu. Celui qui a la main un peu trop leste quand sa femme l’emmerde le dimanche soir pendant le Canal Football Club. Celui qui défend simplement son identité, ses racines. Celui qui ne fait que répondre aux provocations. Celui qui a su déjouer habilement la sécurité défaillante d’une enceinte bondée.

Alors on se rassure comme on peut en se disant que les cons sont une minorité bruyante, et que le stade n’est qu’un espace comme un autre leur servant d’exutoire. Tu sais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Juré, craché moi je respecte les autres en toutes circonstances. Et lorsque je me regarde dans la glace le matin ou que j’embrasse mes enfants le soir avant qu’ils s’endorment j’ai la conscience tranquille. L’enfer c’est les autres. Et les autres ce n’est pas moi.

Publié par guigslamangouste

Citoyen du monde, accroc depuis au moins 30 ans à l'OM. Ce club représente pour moi un concentré d'émotions irrationnelles. Un vecteur de rassemblement par delà toutes les origines, classes sociales ou frontières. Collectivement on va toujours plus loin que seul.

6 commentaires sur « Les cons ça ose tout. »

  1. En écoutant cette histoire à Nantes, je me suis souvenu d’un match que j’ai vu à Furiani. J’avais un peu plus de 10 ans et Bastia recevait Nantes. Nantes a gagné 2/0 et en pesage où je me trouvais il y avec 2 Nantais avec leurs épouses qui se sont levés 2 fois pour fêter les buts. Dans ce stade pourtant chaud bouillant ils sont répartis tranquillement.
    On vit dans une époque conne où la violence est omniprésente.

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  2. « C’est pas qu’on s’sente différents
    Ou bien qu’on juge la vie
    Mais qu’est-ce qu’on s’sent loin des gens
    Dès qu’ils donnent tous ensemble leur avis
    Mais nous c’est pas pareil
    Son avis on le garde pour soi
    Paraît qu’on est tous un peu con
    Dès qu’on est un peu plus de trois »

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