Pas encore la fin de semaine, semaine de merde, et demain encore une tres grosse journee de boulot de prevue. Mal au dos, au genoux, mal partout. Seul mon cul me laisse en paix. Je suis comme Gaston Ouvrard » J’ai la raté qui s’dilate. J’ai le foie qu’est pas droit… » Ou comme dit ma femme: »Tu es gâté. La Date Limite de Consommation est bientôt dépassée ! » Il ne manquerait plus qu’un passionnant match de l’équipe de France pour achever mon bonheur et me faire saigner les yeux ! Achevez moi ! Achevez moi à coups de batte, Achevez moi !
Alors j’allume la télé. Heureusement, cela me permet de relativiser l’effet dévastateur de ma fatigue tout en me déchirant le cœur. Inutile de citer ce qui produit en moi tant d’électricité. L’émotion succède à l’émotion, tandis que j’essaie toujours de ne pas laisser les sentiments piétiner ma réflexion, par delà le bien et les larmes. Eternel tiraillement tandis que la télé continue de vomir des images de morts et d’explosions. Mais je suis tellement chanceux que cela ne se produise chez moi qu’à la lumière d’un écran plat. Au moins, pour un jour de grève en France, aucun média n’aura osé nous ressortir que les usagers de la sncf étaient pris en otage.
Quel funeste destin que celui de l’autre. Comme le chantait les Têtes Raides:
Toi, t’es bien d’un autre village.
T’as pas les mêm’ sabots que nous.
Sur ton épaul’ c’est du plumage
Et nous aut’ on a du burnous.
Quand on fait chacun son fromage,
Ça lui donne un tout autre goût.
T’as pas les mêm’ sabots que nous.
Rien qu’s’couer nos boît’ à clous,
Ça fiche un tout autre tapage,
Et puis et puis y a ton parlage
Qui vous cogne sur le bambou.
On peut bien l’dire : ton salivage,
Ton potag’ qui pouss’ des glouglous,
Ton quillage et ton tatouage,
Tout ça nous cogn’ sur le bambou.
Toi, t’es pas de notre village
On peut bien l’dir’: ton salivage
On en a marre, on est à bout.
Donc, faudra qu’on passe aux carnages
Y’rest’ plus qu’à s’rentrer dans l’chou.
Si l’on y ajoute cent ans de guerre et de réactions…
Je vais me confier à toi, très cher lecteur. On ne se connaît pas. Si l’on s’est croisé, il m’est sûrement arrivé de t’insulter quand tu mettais trop de temps à démarrer au feu rouge ou parce que tu tournais d’un coup, sans avoir mis ton clignotant. Il m’est sûrement arrivé de t’insulter intérieurement quand tu avais oublié de me remercier le jour où je t’avais tenu la porte, ou celui où je t’avais laissé passer devant moi à la caisse, quand tu étais pressé. Tu ne ris pas à toutes mes blagues, ce qui prouve que tu n’es pas non plus parfait, mais tu sais que j’aime jouer au con. Ready player one: je n’ai meme pas toujours besoin de jouer. Tu viens d’horizons différents, et tu as ton propre système de pensée et ton échelle de valeur. Je ne suis même pas sûr que tu supportés le plus grand club du monde, pouvant tout aussi bien encouragé le Psg- c’est-des-enculés. Mais qu’est ce que je me fous que tu ais mauvais goût… Tu es parfois drôle, surprenant, intelligent, intéressé, intéressant, fin, stupide, bourré, pertinent, puéril, long à la détente, un peu lourd, cultivé, éclaté, éclatant, ahurissant, anormal, bizarre, confondant, curieux, déconcertant, complexé, compliqué, étonnant, étrange, imprévu, inattendu, paradoxal, saisissant, singulier, stupéfiant, suffocant, pointilleux, pétillant, différent…
Mais, très cher lecteur, je t’aime…
Je t’aime tel que tu es…

Yo !
« Tu ne ris pas à toutes mes blagues, ce qui prouve que tu n’es pas non plus parfait ». Très bon !
Joli texte 😉
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Yo amigo !
Heureux de te voir et de croiser ton chemin
Et content que tu ais apprécié 😉
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Coïncidence ?
Je ne crois pas…
Les événements, les images, les commentaires de ces derniers jours…, tout ça tartiné sur la tranche de pain plus ou moins rassie du quotidien, nous amène parfois à vouloir baisser les bras et capituler.
Alors on tente un trait d’humour plus ou moins bien senti, et l’on se remémore des écrits plus ou moins positifs.
Ce mardi passé, après avoir encaissé difficilement le chagrin d’une mamie israélienne, je zappe et je ré-encaisse dans les gencives le chagrin d’une mamie palestinienne… Énergie du désespoir de mon cervelet, il m’envoie une bouée « humoristique » plus ou moins gonflée : « Mais voir une mamie pleurer… »
(Toutes mes excuses auprès du Grand Jacques.)
« Bien sûr il y a les guerres d’Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr tout ce manque de tendre
Et il n’il y a plus d’Amérique
Bien sûr l’argent n’a pas d’odeur
Mais pas d’odeur nous monte au nez
Bien sûr on marche sur les fleurs
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer
Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Le corps incline déjà la tête
Etonné d’être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos coeurs perdent leurs ailes
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer
Bien sûr ces villes épuisées
Par ces enfants de cinquante ans
Notre impuissance à les aider
Et nos amours qui ont mal aux dents
Bien sûr le temps qui va trop vite
Ces métros remplis de noyés
La vérité qui nous évite
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer
Bien sûr nos miroirs sont intègres
Ni le courage d’être juif
Ni l’élégance d’être nègre
On se croit que mèche on n’est que suif
Et tous ces hommes qui sont nos frères
Tellement qu’on n’est plus étonné
Que par amour ils nous lacèrent
Mais, mais voir un[e] ami[e] pleurer. »
Jacques Brel.
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Si beau
Si triste
Si juste…
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