Plénitude amnésique de
Juan Romano Chukalescu
Un texte de @giantcoucou
Je me souviens d’une phrase prêtée il y a quelques années à Michel Debré*, illustre Homme Politique français ayant tant donné à la Patrie ; « Un fonctionnaire ça fonctionne » !
Cette injonction me semble pouvoir parfaitement s’appliquer à ce que l’OM attend aujourd’hui de ses passionnés.
Alors, beau joueur (et couillon passionné), j’ai supporté :
J’ai supporté Zubar et ses têtes chirurgicales,
J’ai supporté Sakho et ses glissades légendaire (je pense que ce gars a passé plus de temps couché que debout sur le terrain)
J’ai supporté Chapuis,
J’ai supporté Pouget
J’ai supporté Gimenez
J’ai supporté Marcelino (pas le freluqué impeccablement coiffé, l’autre)
J’ai supporté Pierre Issa (adorable personne au demeurant)
J’ai supporté Andres Mendoza le Condor qui a fait trembler toutes les defenses hexagonales
J’ai supporté Nakata
J’ai supporté de Seglie
J’ai supporté Nagatomo
Et j’ai supporté de nombreuses humiliations
Qui ont transformé une citadelle imprenable en camp de vacances pour puceaux imberbes et prépubères
Ainsi
Lol,
Psg
Nice
Rennes
Et même le terrible Caen
Sont venus nous fesser sans que cela ne m’occasionne, à l’usure, même plus d’émotion particulière.
Et je passe, par égard pour les plus nerveux d’entre nous,
Les éliminations en Coupe de France contre des équipes de Coiffeurs paysagistes
Les 0 point en LDC (NOTRE LDC putain)
L’instabilité chronique du club
Son incapacité à vendre (ou acheter) au bon moment.
Et bien d’autres, que, par souci de conserver ma santé mentale (à peu près) intacte, je n’évoquerai même pas ; La mémoire est sélective, et, parfois, c’est tant mieux.
Les plus zélés me diront que nous avons aussi connu des grands moments, je pourrais sporadiquement en convenir (La Corogne, Newcastle, Le titre de 2010, Les quelques coupes à Moustache, Leipzig, Strasbourg plus récemment peut-être)
Mais, pour la plupart, sur quoi ont-ils débouché, sinon, des espérances déçues.
Les pouet maudits,
Les vrais,
Les aficionados
Expliqueront au footisque que je suis que l’OM est une émotion,
Qu’en réalité, le résultat est secondaire
Que seule la passion compte,
Qu’elle est comme une fin en soi
En partie, je pourrais en convenir, mais ce sera mentir que de dire que je peux m’en contenter.
Rallumer le feu ?
Mille fois je me suis promis que c’était terminé, comme avec la clope, comme avec la tise un lendemain de gueule de bois,
Oui mais voilà, l’addiction est sévère, le poison profondément ancré,
J’étais évidemment devant mon pc pour regarder AEK OM,
Mais, en dépit d’un résultat positif, c’est un euphémisme que de dire que je n’ai pas bandé. A tel point que j’ai même arrêté le match avant le coup de sifflet final (OK c’est aussi la faute de ce putain de streaming).
J’en suis à me demander si le supporter que je suis a encore envie de supporter. Et ça me fend le cœur.
Je n’ai pas envie d’espérer car j’ai été trop déçu, et j’ai été bricolé de telle façon que je ne peux me passionner (et donc supporter) si je n’ai pas d’espoir.
D’autant que, au fond, quelles sont nos perspectives les plus réalistes :
Végéter et devenir le futur Reims ou Saint Étienne, un club auquel il ne reste que son histoire ?
Rester aux mains de l’amerloque trumpiste fantomatique ?
Être rachetés par un Conglomérat de Braves Gens aussi recommandables que des Saoudiens ou des Indiens ?
Je dois l’honnêteté de dire, qu’en dernier ressort, la dernière option aurait ma préférence (je n’envisage même plus un scénario à la Socios qui, évidemment, serait de nature à m’enthousiasmer, mais qui, pratiquement, a tout de même très peu de chance de voir le jour)
Alors quoi que jfais ?
Ça supporte … et ça consomme !
Évidement réduire le client, pardon supporter, à cette seule dimension ne peut être satisfaisant pour un club moderne qui a de l’ambition,
Encore faut-il que ledit pigeon, pardon, supporter, consomme.
Et pour ma part, la chose est très claire, si l’option 3 venait à se matérialiser, il me serait impossible de faire marcher la pompe à fric du club qui, au demeurant, n’en aurait alors plus vraiment besoin.
Ainsi :
Pas de maillot (à plus de 100 balles franchement de qui se moque-t-on)
Pas d’abonnement télé (3 abonnements pour voir tous les matchs, franchement de qui se moque t-on), le streaming dégueulasse fera l’affaire !
Pas de stade (allez OK peut être un de temps en temps quand même avec les collègues de l’apéro)
J’en viens ainsi à me demander si, en dépit de mon amour pour ce club, cette ville, cette passion (qui doucement s’étiole, mais ne demande qu’à rejaillir), ce volcan que peut être le vélodrome les soirs de grands matchs,
Je peux encore supporter
Amitiés goujonnesques
The Couscous Maker
*La phrase originelle est celle-ci : « Le fonctionnaire est un homme de silence. Il sert, il travaille et il se tait. »

Joli billet ô mon Scouss goujonné et giboyeux.
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