McCourt ou Glyphosate : le Foot, l’argent, et la Morale

C’est une question qui agite régulièrement le monde olympien, à chaque fois qu’un média remet une pièce dans la machine de la vente potentiel du club à l’état saoudien, et dans l’équipe OM à l’Apéro comme ailleurs, le débat fait souvent rage entre ceux qui attendent cette vente comme la chance ultime de se réconcilier avec notre glorieuse histoire et de ne plus servir de paillasson au Qatar et à l’Europe, ceux qui placerait cette vente comme la goutte d’eau qui ferait deborder le vase d’un sport pourri et toujours plus immoral, et, comme tout sondage, ceux qui ne se prononcent pas, souvent parce qu’on y croit pas et qu’il est inutile de prendre position sur un événement qui ne se réalisera jamais. D’ailleurs, après que le PIF saoudien ait pris possession de Newcastle et sa très mauvaise bière Brown Ale ( non, ce n’est pas subjectif), on parle aujourd’hui de négociations avancées entre le fond d’investissement saoudien et l’A.S. Roma. Et si selon le dicton « A Rome fais comme les romains », on entend pour l’instant peu de monde hurler avec les louves.

Toujours pas d’OM sur l’agenda du PIF, et vu la renommée de la ville, il n’y a rien de très surprenant à voir, d’un point de vue de stratégie géopolitique, Mohammed Bin Salman s’intéresser à un club de la ville éternel.

Pendant ce temps, l’OM se débat dans la médiocrité d’une saison dont on ne voit pas la fin. Des joueurs et un coach limités, une gouvernance par l’instabilité…

Et Mc Court dans tout ça ? Rien, un fantome. Meme si l’on prononce trois fois son nom, à la maniere de Beetlejuice, personne n’apparait. Pas de son, pas d’image, si ce n’est une déclaration au moment de la crise d’octobre, quand les membres du directoire et le coach partaient, et que Longoria s’interrogeait publiquement sur la poursuite de l’aventure.

Huit ans après, les motivations de Frankie sur son arrivee au club restent toujours aussi floues. On lui a prêté ( sans option d’achat) la volonté de conclure des contrats immobiliers qui auraient pu être favorisés par son investissement olympien. On lui a prêté l’idée de faire une belle plus-value à la revente, à l’image de celle qu’il avait réalisé ailleurs. Ce qui est sur, c’est que ce n’est pas la passion olympienne qui semble l’animer. Meme si, ce qui est sur également, c’est qu’il n’a jamais abandonné le club financièrement, dans le sens où les déficits ont toujours été comblé, et la meilleure décision prise par Margharita Louis Dreyfus est certainement de l’avoir choisit lui plutôt que Gérard Lopez.

Mais si l’on peut se réjouir de ne pas avoir été cédé au pire, est ce pour autant suffisant?

Voici ce que disait Bernard Tapie le 24/10/2016, après l’officialisation du rachat du club par l’homme d’affaire de Boston: « Il était temps que le cycle Dreyfus s’arrête. Un club ne peut pas rester avec des actionnaires qui n’ont pas envie d’être là. Si on n’a ni la passion ni l’envie et qu’on met de l’argent, ça devient emmerdant. Faire de l’argent à l’OM ? Non. À part en Angleterre, ou en Espagne, c’est impossible. Un conseil à donner à McCourt ? Je ne suis pas en mesure de lui en donner un. Il faudrait que l’on se voit, qu’on se parle et que je lui dise : “Tu t’entoures des meilleurs, mais une fois que t’auras fait l’entourage, c’est toi qui feras le club“. 

Il y aurait déjà à dire sur le fait de s’entourer des meilleurs, même si je ne veux pas céder à la facilité de la Longoriaphobie ambiante ( sans pourtant faire l’économie des nombreuses critiques légitimes et de ses responsabilites dans notre fiasco actuel), mais je veux m’arrêter sur la dernière phrase:  » C’est toi qui fera le club ».

Or, s’il y a un conseil de surveillance, s’il y a bien un contact régulier avec le président et le propriétaire, si Longoria part 2 fois par an dans le Massachussetts présenter les bilans sportifs et financiers, et définir les politiques qui seront appliquées, McCourt est loin de tout et ne capte pas grand chose. A l’image de son communiqué lunaire qui avait suivi l’embrasement des cyprès, et dans lequel il faisait un parallèle avec l’assaut du Capitole, avant finalement de faire deux pas en arriere, mettre Eyraud sur la touche et nommer Longoria Président.

On a fait une plus-value grande comme ça !

Cette semaine encore, Pablo parlait du départ de Sampaoli et ( confirmant ce que disait Sampa, qui avait été plutôt bon joueur en chargeant Ribalta et en laissant Longoria de côté, le mois dernier dans l’Equipe, sur la volonté du club de ne plus collaborer avec lui) Pablo expliquait qu’il avait présenté à McCourt, en amont des changements, sa volonté de passer à un football physique de transition…

On imagine la réaction de Franckie…

Il a sans doute dû lui dire ensuite que les joueurs coûtaient moins cher que ceux à la technique affirmée ( comme il l’avait dit en conf de presse), et que la possibilité de plus-value s’en trouverait renforcée

Vu le peu de joueurs vendus et les trous récurrents qu’il avait du combler, il n’allait pas dire  » non….Pas çaaaaaaa!!!! « 

Au final, contrairement à ce que préconisait le Boss, qui s’y connaissait un peu en gestion olympienne, McCourt place un homme et le laisse gérer, en surveillant cela de très loin avec des jumelles. Et celui qui prend les décisions, toutes les décisions, n’est pas celui qui investit, mais juste un salarié auquel il rend des comptes. Si cela fonctionne parfois ailleurs, est-ce que le fait d’avoir un propriétaire absent et un salarié presque omnipotent, peut fonctionner sur le long terme à l’OM? Est ce que le fait d’avoir un propriétaire impliqué, à condition qu’il y comprenne quelque chose, n’aurait pas permis d’éviter le ratage de certains virages présidentiels?

L’argent n’appartient donc pas à celui qui décide. Je vous propose de siffler la mi-temps et de faire une pause musicale.

Dans la colonne « Goodbye McCourt  » de ceux qui attendent désespérément la vente, il y a bien sûr l’aspect financier. Un propriétaire aux moyens conséquents mais très loin d être illimités, qui considere avoir assez mis d’argent dans le club et ne paraît pas très motivé par l’idée d’en réinjecter.

Si nous sommes bien à l’ère du footbusiness, si nous ne pouvons avoir d’ambition sans pognon, et si, encore, nous ne pouvons pas lutter sur la durée contre un club qui s’appuie sur les ressources d’un état, il serait absurde pour autant de dire que nous ne pouvions faire mieux avec les moyens dont nous disposons.

Je ne reviendrai pas sur l’argent dilapidé sous Eyraud avec le pari de joueurs âgés et expérimentés, avec le gros salaire qui va avec, et donc invendables par la suite, qui deviennent des poids morts quand l’objectif ligue des champions n’est pas atteint. En revanche, le mythe de Pablo qui fait avec des bouts de ficelles a vécu. S’il avait peu de moyens au départ, les bouts de ficelle étaient en réalité des crédits sur l avenir, des options d’achats quasi obligatoires qui permettaient de reporter d’une année l’achat du joueur. Et, surtout, parce qu’il a su augmenter les recettes, nous avons eu quelques moyens non negligeables sur les derniers mercato. Mais il faut voir comment ils ont été utilisés…

Certes, nous n’avons pas les moyens du PSG, mais d’erreurs de recrutement en deconstruction perpétuelle d’effectif, le club ne grandit pas et, de la même façon que nous valorisons peu de joueurs par notre gestion, rendant inadapté pour un football ceux qui ont brille la saison précédente dans un autre, nous ne nous appuyons pas sur ce qui fonctionne pour aller plus haut et nous améliorer. Au contraire, nous détruisons tout pour tout reconstruire et faire du surplace. Nous courrons pour être immobile, ou, comme l’écrivait Appolinaire: »Toujours, Nous irons plus loin, sans avancer jamais! »

Les moyens donc, bien sur, mais aussi la cohérence des décisions. Les deux doivent aller de paire. Par exemple, si l’on regarde en liga le club de Almería (« À chaque mouvement, On entendait Les clochettes d’argent De ses poignets Agitant ses grelots Elle avança Et prononça ce mot
« Alméria » The initials, the initials, the initials… ») Alméria, c’est la propriété d’un riche saoudien, un budget qui a quintuplé en 5 ans, des plus-values à faire jouir le premier supporter- comptable des forums, et des gros investissements sur le marché des transferts ( seul le Real a fait + l’été dernier). Resultat: bon dernier, 23 matchs joués, 17 défaites, 6 nuls, aucune victoire…

Ainsi, on pourrait toujours faire mieux avec l’argent que nous avons, et nous pourrions toujours faire pire avec l’argent que nous n’avons pas. Le problème de McCourt, c’est la lisibilité de son projet. On ne sait pas pourquoi il est venu, donc, mais on ne sait pas plus pourquoi il reste ni son ambition pour le club. Est ce réellement de finir sur le podium chaque année et de s’autosuffire financièrement? Allez en ligue des champions pour prendre ce qui rapporte et dire qu’on a participé ? Quand un entraineur nous y qualifié et demande des moyens pour bien y figurer, on le pousse vers la sortie. Si beaucoup de supporters n’ont pas fait leur deuil de notre grandeur passée, nous sommes nombreux à comprendre qu’il existe plusieurs moyens de la retrouver. L’ascenseur saoudien, ou les escaliers, en grandissant marche après marche, année après année, comme le font d’autres clubs, ou comme le faisait Pape Diouf, qui renforçait l’équipe chaque saison. Et c’est bien parce que nous ne voyons pas où Franckie veut nous emmener, si tant est qu’il ait envie de nous faire voyager, et que nous ne notons aucun progrès, que beaucoup seraient tentés de prendre le TGV.

Et c’est ici que les débats frappent à la porte. Entre ceux qui ne veulent pas servir de softpower à une dictature sanguinaire. Ceux qui ont suffisamment pissé à la face du psg et du Qatar pour ne pas vouloir les imiter. Ceux qui sont déjà tellement dégoûté du foot et de sa sale évolution, et qui ne seraient pas capable de déplacer le curseur de leur conscience plus loin, vu tout ce que représente l’Arabie Saoudite aujourd’hui

(Petite pause avec ce dessin de Willem, qui est pour moi le plus grand dessinateur de presse de ces 50 dernières années, sévissant dans Charlie ou comme ici dans libé)

Et donc ceux qui veulent gagner avant tout. « Ras le Q de prendre des déculottées par le psg deux fois par an, moi ce que je veux c’est des victoires !  » Considérant que personne n’est propre et n’a de leçon à donner aux autres, et que le monde est déjà pourrit et gâté, alors autant s’en accommoder…

Et puis cette vente n’a jamais été acté, en dépit de ce qu’annoncaient les youtubeurs en mal de notoriété. 

Et puis le Monde qui écrit que des négociations auraient été entamées avec des fonds de pension américains. Ces fameux vautours, aux ressources géantes, mais dont l’unique objectif est la rentabilité, quitte à licencier tout ce qui bouge. Ces fonds de pension qui viennent pour découper, et revendre plus cher la mariée, après l’avoir deshabillée.

L’exemple le plus marquant d’un fond de pension en ligue 1 est bien sûr King Street, qui avait racheté Bordeaux à M6, très heureux de s’en débarrasser. On coupe dans les salariés du club, on vend les meilleurs joueurs et les actifs, et on se lance à corps perdu dans le trading de joueurs moyens. Sauf qu’à Bordeaux ça n’a déjà pas marché, que King Street s’est vite désengagé, que le retour sur investissement est rapidement devenu impossible, qu’ils ont alors voulu limiter les frais, et que cet échec a précipité le destin girondin dans les mains de Gérard Lopez ( decidement), et vers la dégringolade.

Si tu places quand je spécule,commentveux tu

Cela ne fait pas beaucoup plus rêver. 

Alors on reste aujourd’hui avec notre McCourt, et on enchaine les purges contre Lyon, puis Metz.

Entre les deux, Longoria à donné une interview a Sofoot, dans laquelle il déclare, outre s’intéresser au football de demain ( et l’OM d’aujourd’hui, on fait comment????), avoir tenté de recruter Xavi Alonso pour remplacer le chaud chauve argentin.

« Je suis donc allé le voir. Il m’a dit non avec une élégance… La même qu’il avait quand il jouait au football, une transversale de 40 mètres dans les pieds. Il était en train de me dire non, j’aurais dû être énervé, mais j’avais presque envie de le remercier. (Rires.) Tu vois que son cerveau va à une autre vitesse».

Et El señor Présidente de conclure:

«Il savait exactement les trois-quatre clubs qu’il voulait entraîner et était prêt à les attendre»

Xavi Alonso l’élégant. Xavi Alonso qui vient de mettre une tolle au Bayern de Munich. Xavi Alonso qui savait donc dans quel club il voulait aller, et ce n’était pas le notre mais celui de Leverkusen.

Mais qui est propriétaire de Leverkusen dis donc?

Bayer, géant de l’industrie pharmaceutique allemand et créateur de l’aspirine en 1897. Faut il s’attarder sur les expériences que Bayer à fait durant la seconde guerre mondiale? Faut il parler des parts qu’avait Bayer comme BASF dans IG Farben, chargé du contrôle de la production du Zyklon B, le fameux insecticides utilisé dans les chambres à gaz? « Bayer, le laboratoire qui incarne le vice et la vertu  » titrait France info le 06 octobre 2020. Il faut dire que Bayer est aussi le propriétaire de cette petite compagnie qui nous veut du bien, et qué sé appoliorio Monsanto…

Round up, glyphosate et scandales sanitaires. « Le monde selon Monsanto » fut un excellent documentaire sur la compagnie qui produisait « l’agent orange » durant la guerre du Vietnam, contenant de la dioxyne, un perturbateur endocrinien cancérigène et tératogène, qui s’attaque au système immunitaire et qui est considéré comme le plus puissant poison connu, un million de fois plus puissant que le poison naturel. L’utilisation d’une telle quantité d’herbicide a causé le plus grand écocide du xxe siècle en détruisant, entre 1961 et 1966, 43 % des terres arables et 44 % de la superficie forestière totale du Sud du Vietnam. 

Round up, glyphosate et scandales sanitaires. Le round up, un herbicide à haute probabilité cancérigène, dont la vente libre à été interdite en France en 2019 mais dont la commission Européenne, toujours soucieuse de notre bien être, et accessoirement de celui des lobby, a voté la prolongation de son usage pour 10 ans, considérant que son usage ne pose pas de sujet de préoccupation majeure…

Personne ne bouge, c’est un Round-up !

Voila à qui appartient le club de Leverkusen et Xavi Alonso, qui nous a dit non avec une telle élégance, et qui savait exactement les clubs qu’il voulait entraîner, vient de mettre une raclée au Bayern à la tête du F.C Monsanto…

Round up donne des ailes aux joueurs, en même temps qu’il tue les abeilles…

– Ne me parlez pas d’abeille, cela me rappelle l’équipe de Parme en 1999

-Pardon, c’était seulement une piqûre… De rappel !

Pour finir, après les supporters de Fribourg, Cologne, Union Berlin, et Dortmund, les supporters du F.C. Monsanto ont lancé sur le terrain des bonbons, des petites balles et autres petits objets, retardant le coup d’envoi du match de quelques minutes, afin de protester contre l’entrée d’un fond d’investissement dans le capital de la ligue ( voir « Une semaine de fou dans un monde de foot, et inversement »), à la manière d’un CVC dans le capital de la ligue française. C’est ce qui s’appelle avoir le tri sélectif…

Conclusion:

McCourt ou glyphosate : le Foot, l’argent, et la Morale.

C’est un sacré bordel, et chacun appréhende la chose selon ses valeurs, sa sensibilité, et ses priorités. Chacun son échelle, son rapport au club et à la morale, et chacun se démerde comme il peut. Il n’est pas de mon ressort de dire qui a raison et qui a tort.

On ne sait pas quand notre club sera vendu, ni même à qui. On ne sait pas ce que McCourt compte en faire, et c’est bien là le probleme, ni si cela sera mieux le jour où il partira.

On ne sait rien, et on tire la tronche. On est là comme deux cons. On est bien tous les deux. Ce n’est pas pour notre pognon, mais pour ce qu’il y a dans nos yeux, que la foule se fige et s’émerveille si peu…

L’OM et moi

On est là comme deux cons, on est bien tous les deux. On ne sait pas où l’on va, mais on y va, avec nos vices et nos vertus, nos espoirs et nos défaites accrochés en bandoulière, en observant un monde qui bouge toujours plus vite que nous. Il est loin le soleil…

On est là comme deux cons !

Mais allez l’OM !

Pour toujours 💙🤍

3 commentaires sur « McCourt ou Glyphosate : le Foot, l’argent, et la Morale »

  1. si Mc Court ne va nulle part, toi, tu pars dans tous les sens…comme d’hab 😉😂

    Vietnam, faire jouer un neuf à plat… on y revient toujours et ça fait du bien finalement 😂.

    Cela dit, « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! »

    Or je suis déjà bien assez dépité aujourd’hui par le seul club de foot qui ne m’intéressera jamais, pour continuer à m’en passionner si d’aventure l’AS s’en emparait !!!…

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