Notre Époque

Notre époque résonne comme une porte close…

Chaque ville est la tienne, mais l’incertitude règne toujours, à l’heure où je rédige ces quelques lignes, sur le sort des supporters olympiens qui se sont vus interdire l’accès au stade 48h avant le coup d’envoi, alors que tout était déjà payé, et que beaucoup étaient déjà sur place ou sur la route. Une mesure de réciprocité après le refus des autorités françaises de laisser venir les supporters de Benfica, pour le retour, en dépit des tractations de la direction et d’un Longoria qui, pour la première fois peut être, a enfilé le vrai costume présidentiel.

Libre circulation des marchandises. Libre circulation du capital. Mais ne comptons pas sur la libre circulation des êtres humains, à moins qu’ils soient aussi de la marchandise et/ou du capital. On appelle ça « joueur de foot » ou la « délégation liée aux sponsors ».

Notre époque résonne comme une porte close.

Cette affiche entre l’OM et Benfica a été l’occasion de glorieux et douloureux flash back, ici comme ailleurs. Une époque où l’on n’attendait pas l’élimination des autres Saint-germano- quatarien pour vivre, par procuration, la seule satisfaction de la saison, mais une époque où nous étions acteurs de nos joies comme de nos peines, et donc de notre destin. Une époque que l’on aurait aimé vivre sans ponctuation (pas une parenthèse; mais des points de suspension en forme de points… culminants.)

« L’important, c’est les 3 points », que nous laissons filer, désormais, à la moindre occasion, alors que depuis 30 ans, nos victoires et nos saisons s’écrivent toujours en point-illés.

Notre époque résonne comme une porte close, et nous comment fait on ? Sur quelle idée on se repose, au sortir d’une énième désillusion en championnat, avant un quart de finale de Ligue Europa?

Sur l’idée que les rares fois où nos olympiens ont trouvé l’interrupteur, c’était à l’occasion de la Ligue Europa, ce qui est de bonne augure avant de se rendre à l’Estàdio da Luz. Surtout si Aubameyang, comme à chaque rencontre européenne, met ses habits de lumière.

Sur l’idée que cette équipe n’est jamais où on l’attend: elle nous déçoit systématiquement chaque fois que l’on espère quelque chose d’elle ou une remontee au classement, mais elle sera parvenue à nous surprendre brièvement quand on en attendait plus rien. Reste que Benfica est un col autrement plus raide qu’un Lyon sans confiance, un Shakhtar sans rythme, et un Montpellier sans volonté. Deux dynamiques différentes. Une attaque comme de la dynamite, un club intraitable cette saison à domicile quand nous sommes des passoires à l’extérieur..

Et c’est à peu près tout.

Pour le reste, c’est toujours la même rengaine, entre les blessés, les non qualifiés, les âmes en peine, les techniquement mauvais, les tactiquement perdus, les physiquement fatigués, et les invisibles de longue durée.

Gasset devrait récupérer une moitié de Mbemba et un quart de Murillo pour ce match, si les derniers essais sont concluant, et JPP claironne: » Si l’on veut se qualifier pour la Champions league, on n’a pas le choix: il faut gagner la ligue europa. » Être libre, c’est choisir. Au moins un, le JPP, à croire en cette aventure autrement que comme un coup d’épopée dans l’eau. Apres tout, Séville l’a bien gagné la saison derniere, en ayant fait une saison domestique de merde…

Notre époque résonne comme une porte close, et nous comment fait on? Sur quelle idée on se repose ?

Chaque ville est la tienne, et chaque stade devrait l’être aussi. Mais en une saison chaotique, de voyage en voyage, de défaite en défaite, c’est un quart de finale que nous abordons sans y croire vraiment. Ce n’est pas l’envie qui manque, et encore moins le cœur, mais seulement la peur qui prend le dessus: la peur d’être encore déçu.

Dans ma tête, petite pièce de mes grandes contrariétés, je laisse aller des éléments, des silhouettes. Quand ma tête, sous son chapeau olympique, chante à tue-tete, c’est d’impatience que je m’apprête. Sur ma tête, petite plateau de nos trop lentes avancées, j’ai déposé et leur visage et notre amulette. Et de nos pieds, petite avancée de nos têtes, on a, malgré tout, l’intention de les fumer !

Notre époque résonne comme une porte close. Et l’on espère toujours, malgré nous, malgré eux, malgre tout, avant le match, qu’après avoir chassé le succès par la porte, il revienne… par la fenêtre.

Allez l’OM ! 💙🤍

2 commentaires sur « Notre Époque »

    1. il choisit peut être ses matchs, mais c est à l image de l equipe. Meme sous gattuso, il y avait 1 allant offensif qu on ne retrouvait pas en championnat, et Aubameyang était aussi mieux et + souvent servi, je trouve

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