OM-Benfica: Esprit (de Leipzig), Es-tu là ?

Une soirée inscrite dans la légende, et gravée dans le marbre de la mémoire collective. Une dramaturgie parfaite, jusqu’au dernier but jubilatoire inscrit par Sakai, dans le but vide. Un printemps européen qui avait vu l’OM eliminer coup sur coup les deux clubs de Réd Bull, avec une victoire 2-0 au Vel, en demi contre Salzbourg, dans une ambiance encore electrique. Réd Bull nous avait donné des ailes, et, alors que nous avons peu de chevaux de course dans l’effectif, cette saison, il est juste de se demander si une gorgée de boisson énergisante suffirait pour transformer nos ânes en Pégase?…

L’endroit, et l’envers. Une demi finale retour de conférence league contre Feyenoord que nous n’avions jamais réussi à emballer après la défaite 2-3 du match aller, dans une caricature de football sampaolien qui n’avait jamais offert si peu de verticalité.

Et c’est bien toute la problematique de cette rencontre, une fois les 11 titulaires trouvés. On a vu dernièrement le même genre d’action se retrouver au fond de nos filets. C’est souvent le même but, souvent. Avec des joueurs qui se livrent n’importe comment, sans précaution ni filet, et des contres express exécutés pour punir l’absence d’intelligence tactique, même quand les adversaires jouaient en numérique infériorité.

Selon Héraclite, « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », et pourtant ces derniers temps l’OM a plusieurs fois trouver le moyen de s’y noyer. S’ensuivent les mêmes déclarations face à la presse pour regretter de s’etre laissé emporter par les courants. C’est ce qu’on appelle les bouches du Rhône, que l’on sort quand le collectif a bu la tasse.

Ainsi, les hommes de Gasset, tel des funambules marchant sur le fil de leur destinée, devront réussir à emballer le match sans jamais trop se livrer. L’équilibre est fragile, et si nous avons tout vu, nous ne savons pas encore ce que les joueurs ont retenu. Hurler sans élever la voix. Attaquer sans se découvrir. Démarrer pied au plancher sans se précipiter. Voler près du soleil sans prendre le risque de se brûler. Et remonter le score pour ne pas etre en bout de course. Remonter la pente comme on remonte à la source, et notre moral par la même occasion.

Esprit ( de Leipzig), es-tu là ?

Dans les tribunes, assurément.

Dans nos mémoires, aussi. Souvenir d’une soirée surnaturelle, que l’on raconte comme on ecrirait un conte fantastique. It’s kind of magic: j’ai des cassettes entières remplis de sanglots et de joies de fantômes. Et s’il arrive qu’un club portugais vienne nous visiter dans la metempsychose, nous saurons recevoir. Nous pouvons lui en faire voir de la sérénité et même lui laisser un certain goût de fer.

Et ce bouquet de nerfs.

Esprit (de Leipzig), es-tu là ? Au crépuscule d’une saison de déception, il n’existe aucune certitude à laquelle se rattacher, mais l’incantation comme ultime bouée, et il est bien regrettable de n’avoir plus que ça ! On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, mais le plus important est de ne pas se noyer. Nous avons tant de frustrations à exorciser.

I put a spell on you !!! Because you’re mine !

Comme dans un rythme vaudou, que Gasset retrouve la formule magique, par enchantement, et que les olympiens prennent possession du match. Un déplacement des âmes, et du ballon dans leur filet. Nous on veut de la victoire, des soirées irrationnelles, et de la vie à en crever ! Que stade Vélodrome s’embrase, avant de s’élever, et que le sol ne touche plus jamais nos pieds.

Aux joueurs de nous ensorceler…

Esprit (de Leipzig) es-tu là ?

Hanté, hanté, faites comme chez vous, restez…

Et allez l’OM !💙🤍

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