Issu de l’argot militaire, le baroud est un combat, et, entré dans le langage courant, le baroud d’honneur est l’ultime combat d’une guerre perdue ou d’une cause perdue, livrée pour sauver l’honneur.
En revanche, en langage sportif, le bras d’honneur est une demi finale contre Bergame, perdue sans avoir donné l’impression de livrer bataille.
Et, en dehors du lob manqué de Ndiaye, nous n’avons jamais eu l’occasion de marquer un but, autrement dit, « de sauver l’honneur ».
Nous étions loin de pouvoir gagner ce match, en laissant tous les ingrédients nécessaire au Vélodrome ou au vestiaire, alors qu’au match aller nous avions été proche de l’emporter. C’était passé à un doigt, et le retour, un doigt d’honneur.
Nous avions condamnés les joueurs à être plus grands qu’eux même. Mais, l’espace de 90 minutes, leurs faiblesses, leurs lacunes, leur nonchalance et leur petitesse se sont rappelés à notre souvenir. Jeudi, les motifs de satisfaction n’étaient pas légion (d’honneur)
Des joueurs qui reviennent à la 30* minutes en marchant ou en trottinant, et Bing, un premier but… Pouvait on gagner sans intensité, sans vider son cœur, sans y laisser ses tripes? Pouvait on gagner sans combattre? Gasset, toujours aussi lucide, dira: »
Quelqu’un qui est proche de moi m’a dit « le premier match de la saison au Pana, j’ai l’impression que j’ai vu le match de Bergame ».
Nous avons des joueurs constants, à défaut d être des hommes d honneur

Des joueurs qui ont innondé les réseaux sociaux après le match pour partager leur tristesse, leur désarroi et leurs remords « On aurait voulu, mais on a pas fait ce qu’il fallait, ni mis ce qu’il fallait mettre » , répètent ils tous, en substance. Ce qui me fait penser à cette citation de Camus, dans Les Justes:
» L’homme d’honneur n’a pas de rempart aussi sûr qu’une âme sans remords et qu’un coeur toujours pur. »
Ainsi la saison est sur le point de s’achever, enfin, c’est pas trop tôt, il était temps. En attendant de connaitre notre prochain coach, et notre nouveau nouveau projet. Seras tu le cinquieme demi tour, le dernier?
La saison est donc sur le point de s’achever. Encore 9 points à distribuer, et l’important c’est les 3 matchs. Un dernier tour de piste contre Lorient, au Vélodrome, là où nous avons brillé, parfois, et là où sans contestation nous avons été le moins mauvais.
Ce qui n’empêchera pas l’accueil houleux qui est attendu, et même déjà annoncé, envers la direction et les joueurs: à tout seigneur, tout honneur…
Finir contre Lorient une saison où nous avons été à l’ouest, c’est pour le moins pertinent.
Il restera alors 2 matchs à l extérieur pour tenter d accrocher le dernier strapontin et essayer de sauver ce qui peut encore l’être cette saison comme d’autres voudraient sauver l’honneur.
Victor Hugo écrivait :
Il y a des gens qui observent les règles de l’ honneur comme on observe les étoiles » de très loin ».
Oui, d’aussi loin que nous observons l’étoile qui orne notre blason.
OM-Lorient, pour s’offrir un baroud d’honneur, mais un match qui n’effacera d’aucune façon la dette. La dette d’honneur.
La saison est morte ! Vive la saison prochaine ! En espérant des hommes qui, à défaut de tout gagner, sauront HONORER nos couleurs
Camus, encore, toujours dans les justes:
-l’honneur est un luxe réservé à ceux qui ont des calèches
–non, il est la dernière richesse du pauvre…
Pauvre saison.
Pauvre de nous.
Allez l’OM ! Gagnons ce soir, pour rien. Pour tout. Et pour l’honneur !

L’honneur c’est longtemps réglée par un duel, au foot c’est le seul endroit où on peut encore le faire, ou le fer.
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