C’était au détour d’une conversation anodine. Un fait d’actualité comme nous en commentons 200 toute la journée ces derniers temps. Une chronique de Philippe Val, ancien rédacteur en chef de Charlie ( c’est lui qui avait relancé le titre en associant quelques historiques à une nouvelle vague de dessinateurs de presse, apres que celui ci ait disparu au debut des annees 80 suite à la gestion financière désastreuse du Professeur Choron) , ancien fondateur de Attac, ancien directeur de France Inter nommé par Sarkozy, ancien ceci, ancien cela, qui officie désormais comme Cyril Hanouna sur Europe 1, la radio de Bolloré.
Philippe Val nous donnait son avis éclairé sur la situation politique actuelle, un avis dont la plupart d’entre nous se fout royalement, moi le premier, et je disais à mes camarades de l’aventure apéritive « Charb me manque »
Charb. Stephane Charbonnier, dessinateur talentueux de Charlie, assassiné comme d’autres, comme Cabu, comme Tignous, comme Wolinsky, comme Honoré, comme Bernard Maris, par les frères Kouachi en 2015.

Charb, qui tenait la rubrique par laquelle je terminais ma lecture hebdomadaire : » Charb n’aime pas les gens » C’ était toujours les mêmes gestes, toujours. Je commençais par la dernière page et les « Couvertures auxquelles vous avez echappe » pour finir par l’avant dernière.
C’était l’époque où je lisais Charlie dans la rue en sortant de chez le buraliste et pas encore le smartphone en sortant du travail, en écoutant Noir desir sur mon Mp3 « Charlie défend moi « . L’époque où je me débrouillais pour trouver 1 Charlie quelque soit l’endroit où je me trouvais, de Londres à Dakar, entre 2 passages au cyber pour voir les résultats de l’OM et la défaite des hommes de Javier Clémente. L’époque où Michel Polac écrivait sa rubrique littéraire et Cavanna disait : » Avoir un fils moins con que soi, c’est quand même la preuve que j’ai réussi ma vie. »

Ils se chamaillaient, ils s’insultaient, ils debattaient, ils rigolaient, ils n’étaient d’accord sur rien, mais chacun défendaient leur point de vue avec une armée d’arguments dans une main, et autant de mauvaise foi dans l’autre.
J’avais fini par délaisser « Charlie » les derniers mois avant l’attentat. Je les trouvais moins drôles, moins impertinent, mais sans doute était ce moi qui etait devenu moins drole, et moins impertinent. Une bonne partie avait cassé sa pipe, de Gébé à Cavanna, d’autres s’étaient fait virés avant de faire fortune aux prud’hommes, comme Siné qui semait sa zone, comme se nommait sa rubrique. Et puis j’étais devenu sérieux, de temps en temps. Pour quoi faire?
Alors quand les frères Kouachi ont frappé « mes potes » je n’ai pas pu être Charlie comme les autres. Entre le remords de les avoir abandonné, la tristesse, l’effroi de ce qu’il venait de se passer, mon incapacité à suivre un mouvement, je n’ai pas pu, pas su, accompagner la foule qui défilait dans toute la ville et j’ai vécu le deuil depuis chez moi.
« Charb me manque ». En ces temps troubles, particulièrement, mais les autres jours il me manque autant. Charlie continue son bonhomme de chemin. Ça reste parfois pertinent, mais c’était autre chose. C’était à la fois très con et tellement intelligent. Et je saisis ici la liberté qui m’ait offerte pour rendre hommage à des dessinateurs de presse de grands talents qui m’ont souvent fait rire.
J’en ai choisi 5, et j’aurai pu choisir d’autres dessins, d’autres dessinateurs. La sélection est totalement subjective, et ce sont ceux qui m’ont le plus marqué. En espérant que vous apprécierez le voyage dans le temps. Veuillez accrocher votre ceinture…
Charb














Luz












Willem













Cabu










Reiser














Et allez l’OM💙🤍

Que de souvenirs
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