D’un Amour Qui La Flingue (2)

Cadre deco chambre Deauville plage Les bains de mer - QoraShai

D’UN AMOUR QUI LA FLINGUE

2.

Marie descend du train, il y a foule, là-bas, personne ne l’attend sur ce quai.

C’est à mi-chemin, exactement, entre le désespoir, le soulagement et la tranquillité. C’est une façon, peut-être factice, de repartir de zéro, faire table rase.

Elle trouve sans difficulté la station des taxis et monte dans le premier véhicule disponible, une Mercedes, d’un beau rouge, rutilante.

Je vais à l’Hôtel de la Plage, merci. La voiture démarra en douceur, en silence.

C’était confortable, presque menaçant, ce trajet, elle crut reconnaitre la Gnossienne n°1 dans l’autoradio, comme un piège pour espion. 007, version dentelles et maquillage léger.

Elle regarde distraitement, à travers la vitre fumée, les voitures, les gens, la vie.

Ce n’est pas une grande ville, pas de celles dont on fait le monde aujourd’hui. On sent bien qu’il y a encore une certaine proximité, avec son pendant inévitable, la mesquinerie.

Chemin faisant, on se rapproche du front de mer, de l’embouchure, on aperçoit le Casino : vu. On n’y est presque ; on va regretter la parenthèse du voyage : retour à la réalité.

L’hôtel, quoique fatigué, à l’instar de son personnel, reste cossu. On force son sourire, on abrège les formalités, on porte les bagages.

La  chambre, quoique corrodée par endroits, à la merci de l’océan, reste confortable, avec la fameuse vue-mer garantie.

Et ça fait toujours quelque chose, une fois seule, la porte-fenêtre grande ouverte, de s’avancer sur la petite terrasse, et de prendre en pleine gueule cette immensité éternelle, superbe, secrète.

Tu jettes ta  valise sur le lit, tu rangeras plus tard. La télé, ok, jeter un œil sur la carte du roomservice : c’est la chambre 404, je voudrais une grande San-Pé et un plateau apéritif, comment, 5 à 15 minutes, d’accord, merci beaucoup.

Elle s’allonge ; elle fixe le plafond ; une lézarde ? Elle pense à tout ça, puis à rien, elle manque s’endormir ; on tape doucement à la porte, allez, ça suffit pour aujourd’hui, on ferme.

Publié par anakin999

Caillolais (Marseillais de l'Est), 45 au compteur, papa, fan de l'OM et locataire du Vél depuis toujours. Oscille ses émois entre Tigana et Canto, les fils du village. Rédacteur inspiré des deux mamelles de la vie : l'OM et les mamelles (de la vie).

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