Les Comptines d’Anakin (1)

COMPTINE D’UN AUTRE ÉTÉ (Feat. Yann Tiersen)

Si je vous écris, mes ami.e.s, en cette matinée marseillaise lumineuse, c’est pour vous parler des absents.

Les nuages d’abord. Le ciel phocéen est d’un bleu absolu, parfois, souvent, et littéralement sans le moindre nuage. Comme ce matin, alors que je vais chercher mes croissants maison-pur-beurre dans la première boulange du Camas, où, parfois, souvent, il y a sur le seuil un mendiant aux pieds si sales qu’on dirait des mains. Son sourire est plus large que mes croissants, mais comme je paie par CB, je ne peux lui donner que le mien, de sourire, en retour. C’est un vendredi à ne rien foutre, je l’avoue, même Baba Squaaly, mon chroniqueur favori, le chôme.

Les absents. Depuis 15 mois de crise sanitaire, beaucoup de disparus, flingués par cette saloperie mondiale, ou pas, mais bien disparus, et parfois plus présents dans nos cœurs que ceux qui aimeraient s’y immiscer, à force de gesticulations et de discours péremptoires. Cela va jusqu’aux urnes ; j’ai vu que dans une commune francilienne, on atteignait 88% d’abstention. 88. Si ce chiffre ne vous évoque rien, moi, il me glace le sang sans rafraîchir mon pastis.

Alors, pour me rasséréner, je réécoute pour la millième fois Comptine d’Un Autre Été de Tiersen, et ça marche, une millième fois. Pour la petite histoire, le génie breton avait composé ces mélodies en pensant Ouessant et non Montmartre. C’est pourtant la butte qui rendra notre homme millionnaire, comme quoi la destinée est un oiseau rebelle, et qui ne connait pas de loi. L’absence d’intentionnalité reste le plus sûr geste poétique.

Mais Marseille n’est pas Montmartre, Mado La Dégueulasse Amélie Poulain. Il flotte pourtant dans l’air, masques retirés, jupes raccourcies, décolletés augmentés, comme une atmosphère de victoire sur le sort et la déprime. Et d’absence de doute.

Car, mes ami.e.s, tout est dans tout. Et réciproquement.

Publié par anakin999

Caillolais (Marseillais de l'Est), 45 au compteur, papa, fan de l'OM et locataire du Vél depuis toujours. Oscille ses émois entre Tigana et Canto, les fils du village. Rédacteur inspiré des deux mamelles de la vie : l'OM et les mamelles (de la vie).

8 commentaires sur « Les Comptines d’Anakin (1) »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :