Jouer n’est pas gagner.

L’histoire est un éternel recommencement et le football en est souvent un excellent exemple. Au lendemain d’une défaite à domicile face à Lens, les olympiens se sont réveillés ce matin en se demandant encore comment ils avaient pu ne pas remporter cette confrontation au sommet. Si on s’arrête simplement au contenu du match, les hommes de Tudor ont en effet assez nettement dominé leur adversaire du soir. Ils ont mis du rythme et de l’intensité, ont pressé, ont cherché à user la défense lensoise pour la faire rompre en multipliant les coups de boutoir et se sont procurés plusieurs occasions de buts franches. Malheureusement, ils se sont aussi heurtés au mur nordiste en première mi temps et à leur propre inefficacité tout au long du match. Ils ont même été punis sur un but improbable, avec l’aide involontaire une nouvelle fois de Leonardo le Maudit.

Ce match avait pourtant valeur de test pour l’OM après les deux premières occasions manquées face à Rennes et à Paris. Défaits à domicile contre Ajaccio, battus au Parc le week-end dernier, il s’agit du troisième revers de suite en championnat pour les coéquipiers de Rongier. Un vrai coup d’arrêt et un terrible coup de massue pour des olympiens incapables de la moindre réaction après l’ouverture du score des visiteurs et qui paraissaient sonnés au coup de sifflet final. Tudor aura beau cherché à positiver à outrance à l’issue de la rencontre, le résultat reflète à la fois les qualités et les limites actuelles de son équipe, de ses choix et de sa gestion.

Si les trois défaites de rang n’ont à première vue pas grand chose à voir entre elles au regard de la physionomie de chaque rencontre, il convient tout de même de prendre un peu de recul pour en tirer des enseignements généraux. En effet, il ressort pour chacune de ces contre performances des traits communs à chercher dans l’incapacité de cette équipe à s’adapter aux circonstances du match que ce soit d’un point de vue tactique, physique, mental ou technique.

Sur le plan tactique, il apparaît de plus en plus clairement que l’absence de plan B à l’inamovible 3-4-2-1 mis en place par Tudor depuis le début de saison constitue un plafond de verre lorsque l’adversaire parvient à lire et à contenir le jeu olympien. Le choix d’évoluer avec Sanchez seul en pointe et Harit comme unique créateur, tout en exigeant d’eux de multiplier les efforts défensifs, s’avère problématique dès lors que l’animation sur les côtés dévolue aux pistons est défaillante ou simplement contrariée.

Sur le plan physique, les lensois ont clairement mis en place une tactique visant à laisser les olympiens s’épuiser lors du premier acte pour mieux profiter des espaces en seconde mi-temps en évoluant également plus haut sur le terrain. Ce n’est pas la première fois que l’opposition agit ainsi, puisque le jeu particulièrement énergivore de Tudor expose forcément l’équipe olympienne à des temps faibles qu’il faut aussi savoir gérer.

Sur le plan mental, cette équipe de l’OM peine à inverser le sort des matchs et à se montrer dangereux surtout en fin de partie. Cette caractéristique faisait pourtant partie des atouts de l’OM l’an passé à l’instar du dernier match de la saison face à Strasbourg. Dès lors que les leaders tels que Sanchez ou Guendouzi ne sont plus sur le terrain tout esprit de révolte semble envolé et les Phocéens subissent les évènements.

Enfin d’un point de vue technique, les difficultés récurrentes de cette équipe à se montrer efficace face au but et à marquer dans le jeu sur ses temps forts sont là aussi évidentes. Les mauvais choix sont beaucoup trop nombreux et les erreurs individuelles plombent les efforts consentis que ce soit en phase offensive ou défensive. De plus, le jeu long manque souvent de précision, ce qui oblige par exemple un Sanchez isolé et surveillé de près par les défenseurs adverses à multiplier les courses pour tenter de récupérer les passes approximatives adressées par ses coéquipiers.

Ajoutés à cela un coaching et une gestion d’effectif à propos desquels il y a également beaucoup de choses à redire (par exemple les trois changements simultanés opérés a plusieurs reprises par Tudor, la mise au placard de Gerson, l’absence de confiance témoignée envers Touré…), l’OM se heurte aujourd’hui à ses propres limites au moment même où il est entré dans une série de matchs nettement plus difficiles que ceux qui se sont présentés à lui auparavant.

S’il n’y a pas encore péril en la demeure, il devient désormais urgent de trouver des réponses à ces constats et d’opérer les évolutions nécessaires pour relancer la machine olympienne sur le chemin du succès. L’an dernier Sampaoli avait su tirer les enseignements de la défaite concédée face à Lens pour faire évoluer le style de son équipe avec succès sans pour autant renoncer à ses principes. Pour cela il avait eu la lucidité d’analyser les carences des ciels et blancs sans se voiler la face derrière telle ou telle justification (l’arbitrage, la pelouse, l’enchaînement des matchs…liste non exhaustive). A Tudor de s’en inspirer pour montrer que lui aussi peut conduire l’OM vers ses objectifs.

Publié par guigslamangouste

Citoyen du monde, accroc depuis au moins 30 ans à l'OM. Ce club représente pour moi un concentré d'émotions irrationnelles. Un vecteur de rassemblement par delà toutes les origines, classes sociales ou frontières. Collectivement on va toujours plus loin que seul.

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