Inutile de le rappeler, football et religion sont souvent considérés comme l’opiOM du peuple. Pendant que le Pape, en visite à Marseille, était accueilli telle une rock star dans la cathédrale du stade Vélodrome par un gigantesque tifo à son effigie, l’OM préparait un clasico dans un contexte de crise larvée. Pas le temps de savourer le résultat encourageant arraché à Amsterdam jeudi soir, il fallait être prêt à repartir en croisade 48h plus tard pour un déplacement à hauts risques en terre païenne.
Comme redouté, de miracle il n’y a pas eu lieu. Les prières adressées à la Bonne Mère n’auront en effet pas suffi à protéger notre berger Pancho et ses ouailles d’une déroute annoncée. Incapable de proposer quoi que ce soit de consistant pendant 90 minutes, la bande d’enfants de chœur marseillais alignée sur la pelouse du Parc a une nouvelle fois tendu l’autre joue face au rival parisien au terme d’une prestation aussi insipide que du vin de messe. Finalement, nos boyscouts en culottes courtes sont repartis tous penauds avec une belle trace de main à quatre doigts sur le visage en guise d’offrande spirituelle.
Alors que l’OM se présentait en 5-3-2 comme à l’autel du cul tendu, il ne fallut que 8 minutes de jeu à Saint Leonardo, patron des bourdes défensives, pour commettre une faute évitable sur Mbappé aux abords de la surface qui offrait une première opportunité aux joueurs de la capitale de se montrer dangereux. Hakimi ne se faisait pas prier pour crucifier Saint Pau, patron des filets percés. Cette action avait au moins pour mérite d’écarter définitivement du terrain le messi parisien, obligé de laisser sa place sur blessure et de confier le destin du match à ses apôtres.
Ne sachant trop que faire de ce coup du sort en sa faveur, l’OM restait malgré tout sur son plan de jeu initial, à savoir garder un bloc aussi compact que possible pour réduire au maximum les espaces et essayer de se montrer menaçant sur du jeu de transition à la récupération du ballon. Malheureusement lorsqu’on reste aussi passif qu’un paraplégique en pèlerinage à Lourdes, aussi peu agressif dans les duels qu’un curé dans un confessionnal et aussi loin de son adversaire direct que Juda au moment de l’arrestation de Jésus, il est difficile de récupérer quoi que ce soit d’autre que des épines de couronne tressée enfoncées dans son séant.
Sur un débordement de Saint Jonathan, patron des allers retours solitaires le long de la ligne de touche, Vitinha se voyait toutefois offrir une offrande en or afin de remettre ses frères égarés sur le chemin de la rédemption. Hélas, les voix du seigneur sont impénétrables et l’attaquant lusitanien trouva le moyen d’envoyer sa reprise de la tête sur le haut de la transversale de Donnaruma. Un ange passa dans le stade pour saluer l’exploit. L’OM avait laissé filer sa seule occasion de revenir dans ce match et de remettre un peu de doute dans les têtes parisiennes. Les paroissiens de l’église San Henrique allaient évidemment en profiter pour multiplier les pains dans nos tronches. A la 37eme minute, Kolo Muani doublait la mise en reprenant à bout portant une frappe d’Hakimi, profitant d’une parade encore (r)athée de Pau Lopez et d’une défense olympienne s’ouvrant face aux attaquants parisiens comme la mer Egée devant Moïse.
Malgré les changements opérés dans les rangs marseillais à la pause, l’OM revenait sur le terrain avec autant d’entrain qu’une messe diffusée en direct pendant le jour du Seigneur. Les joueurs olympiens flanchaient une troisième fois sur une tête de Ramos à la 47eme. Le calvaire de Saint Valentin, patron des pertes de balles et du manque de caractère, et des siens allait se poursuivre jusqu’au coup de sifflet final. En s’inclinant une quatrième fois sur un doublé de Ramos, les olympiens buvaient le calice jusqu’à la lie.
Si la défaite était anticipable avant même la visite de l’équipe à Notre Dame de Doha, la copie quasi blanche rendue par les marseillais reste coincée dans la gorge des supporters comme une hostie pas assez fraîche. Les joueurs ont bel et bien coulé tous ensemble au fond de la Cène, sans même donner le sentiment d’essayer de se débattre pour remonter à la surface. Pour votre pénitence Messieurs vous nous ferez 10 je vous salue Marcelino et 30 notre père Zeroual qui êtes aux cieux avant votre prochain match à Monaco. Malgré cette humiliation publique, on garde la foi (que nous reste-t-il d’autre ?) et on attend désormais une résurrection collective en terre promise monégasque. Amen.

Bravo frère Guillaume. Les maux font très mal en ce jour de lendemain qui dechante comme une mauvaise chorale d’enfants de cœur. Où est le cul cul, où est la tête, c’est pas facile de faire la différence car les 2 sont bien rouge. Et nous dans tout ça, on est rouge de colère et vert de rage. La saison va être longue, mais longue……….
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Après le tristement burlesque « Don Pablillo et les Pépones des virages », le ridicule en remet une couche sur le rectangle vert avec « Les Agneaux de Pancho » qui ne sont Pâques sans attributs (dixit Gigot)… En effet, ça manque aussi de bergers et de bons gros clébards pour montrer les dents.
(☝️et un chouïa de talent, pour nos smicards du foot, ce serait trop demander ?)
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Une prose comme une soutane of swing🎸
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En tout cas on s’est bien fait sonner les cloches
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