Benfica-OM: La Main du Diable

J’ai 10 ans. Je sais qu’c’est plus vrai, mais j’ai 10 ans en 1990, et nous sommes le dimanche 15 avril. La veille, l’OM a vaincu le grand Bordeaux de Claude Bez 2 à 0, grâce à un doublé de Chris Waddle, et dans 3 jours, nous disputerons la demi finale retour de la Coupe des Clubs Champions à Lisbonne.

J’ai 10 ans, et je regarde le long portrait que consacre Téléfoot au magicien anglais qui illumine, avec d’autres, l’attaque olympienne. Du Waddle dans l’émission dominicale, j’en mangeais à toutes les sauces. Comme la fois où Marianne Mako s’était aventurée dans le vestiaire olympien pour interviewer un Magic Chris faisant le pitre, tandis qu’un chat miaulait entre ses 2 facéties. Et Waddle, de répéter au micro de Tf1: » Somedy would shoot that cat ? Somebody would shoot that cat ? » On apercevait les autres olympiens hilares en arrière plan, dont Deschamps, et l’histoire ne dit pas si ce n’etait pas, ce jour là, la première apparition télé de la célèbre chatte à Deschamps.

J’ai 10 ans, donc, et l’OM vient donc de remporter un sommet du championnat de France, grâce à un doublé de Waddle, 3 jours avant d’affronter Benfica. Un sommet qui avait tenu toutes ses promesses d’avant match en terme de ping-pong verbal et autre guerre de mots présidentiels par presse interposée. Tapie répondait à Bez, qui répondait à Tapie. Une pression psychologique ajoutée à l’intensité d’un match, qui allaient sérieusement émousser le collectif marseillais, juste avant le match européen le plus important de son histoire.

Un match que les olympiens auraient pu se rendre facile s’ils avaient mieux concrétisé leur domination outrancière du match aller. « Au match aller, témoignera un an plus tard Aldair, le défenseur brésilien du Benfica, les Marseillais auraient dû nous battre 4 ou 5 à 1. » Un match aller qui avait vu le vétéran Jean Castaneda, embauché comme preparateur physique et accessoirement gardien de l’équipe réserve, débuter le match en tant que gardien titulaire, après la blessure de Huard au tour précédent, contre le CSKA Sofia. L’OM avait bien recruté en urgence Pascal Rousseau pour pallier cette absence, mais il n’était pas qualifié pour l’Europe, tandis que le jeune Guillaume Warmuz était jugé trop inexpérimenté, en plus d’être légèrement blessé à l’épaule.

D’ailleurs, apres Sofia, et avant le match aller, Castaneda prendra d’abord part à un match de championnat que l’OM perdra 2-1 contre Brest (doublé de Cabanas pour les bretons) dont un but casquette. A la suite de ce match, Deschamps raconte: « Un journal avait fait sa Une sur Castaneda, avec le titre ‘On compte sur toi’. Tapie lui avait mis le journal sous le nez en lui disant : “Tiens, regarde.” On voyait alors des gouttes tomber du visage de Castaneda. »

04 Avril 1990, match aller. L’OM encaisse rapidement un but, par Lima, suite à un corner de Valdo déjà. Pas le temps de douter, les Marseillais réagissent vite, grâce à un but de Sauzée, mettant un coup sur la tête des portugais, et la machine se met en route. Poteau de Waddle, puis Papin donne l’avantage aux Marseillais juste avant la mi temps.

La deuxième période sera une succession d’occasions manquées, Francescoli réussit presque un but d’anthologie sur un incroyable enchaînement, Mozer voit sa déviation être repoussée sur la ligne (par ce qui semble être , déjà, une main), Silvino le gardien portugais ne laisse plus rien rentrer et l’OM finit sa saison européenne en ayant remporté tous ses matchs au Vélodrome. Malgré cette belle série, les regrets demeureront, à la vue du nombre d’occasions non concrétisées.

Francescoli avait été extraordinaire sur le côté gauche mais avait aussi vendangé. Incroyable que ce score n’ait pas évolué. La domination avait été telle que des soupçons de dopage avaient émergé. Mais Francescoli, aucun produit dopant n’aurait été capable de le rendre aussi virtuose. Ce petit crochet dans la surface, ce n’est pas une seringue qui l’aurait rendu possible, et niveau charge médicale, à l’époque, ni Benfica ni Milan n’avait quoi que ce soit à nous envier. Il y avait une véritable classe d’écart entre les 2 équipes, et Lisbonne n’avait aucun joueur de la trempe de Waddle, Papin, Francescoli. Leur meilleur défenseur, Carlos Mozer, nous avait rejoint l’été précédent, et les Valdo, Magnusson, ou Thern, étaient de très bons joueurs, mais d’un cran en dessous par rapport à nous. Et encore, nous n’avions pas réussit à faire venir Maradona à l’été 1989, et, outre le football magnifique dont il nous aurait gratifié, il nous aurait sans aucun doute aussi transmis le vice qu’il nous a manqué au retour. Et, à défaut de voir la main de Dieu briller, ce fut la main du Diable qui nous fit brûler en enfer…

Match retour, le 18 avril 1990, dans le vieux et bouillant Stade de la Luz, et ses 120 mille spectateurs, dont certains, placés au dessus du parkage marseillais, jetteront des sièges et toutes sortes d’objets dangereux sur la gueule, faisant vivre un véritable enfer aux supporters olympiens.

Sur le terrain, le collectif olympien est loin de montrer le même visage conquérant que pour le match aller. Le match contre Bordeaux pèse certainement dans les jambes, et l’enjeu dans les têtes. Le bloc olympien est placé assez bas, Gili misant sur la qualité de dribble de Waddle, la vista de Francescoli et la qualité de frappe de Papin pour marquer en contre. Pour le reste de l’équipe, ce sera Castaneda, Amoros, Sauzee, Mozer, Di meco, Tigana, Deschamps, et Germain.

En première période, deux frissons seulement sont à signaler: une tête de Mozer stoppée sur la ligne côté marseillais et une tête de Magnusson tapant le poteau côté lisboète. En seconde mi temps, Benfica essaiera de montrer un visage beaucoup plus offensif, sans reussir a trouver une quelconque faille.

A la 78* minute, Vercruysse remplace Waddle, alors qu’un petit peu plus tôt, Eriksson de son coté avait sorti Jonas Thern pour faire rentrer Vata, son joker habituel. Et à la 83* minute, Valdo s’élance pour tirer un nouveau corner.

Vata, ou plus précisément Vata Matanu Garcia, né à Uige en Angola ( ancienne colonie portugaise qui se dechirera pendant des années dans une guerre civile) est l’auteur du but le plus contesté de l’histoire des clubs français.

Sur son entrée sur le terrain, Vata, qui était le meilleur buteur.du championnat portugais la saison précédente, déclarera : « A la fin de la première mi-temps, j’ai su que l’on pourrait faire appel à moi, car j’étais toujours le premier choix lorsqu’il s’agissait de changer un résultat. Je me souviens qu’Eusébio s’est approché de moi et m’a dit : « Qu’est-ce que tu attends ? » Je lui ai répondu que je ne pouvais rien faire, que c’était le manager qui était aux commandes et qu’il ne m’avait pas encore donné l’ordre d’entrer en jeu. (Vata qui explique les regles du football à Eusebio… la blague…) C’est alors que j’ai vu Eriksson me faire signe de me lever et d’entrer. Je ne sais pas si les gens s’en souviennent. Mais à l’époque, nous avions joué contre Marseille, un match amical dans le cadre du transfert de Mozer. Et j’ai marqué le but dans ces mêmes cages(… )Quand je suis entré en jeu contre Marseille, j’ai eu une altercation avec Sauzée et Mozer, en plaisantant à moitié, m’a dit : « Negão, tu ne viens pas gâcher ça, n’est-ce pas ? »

Si encore il s’était contenté de la gâcher selon les règles de l’art, nous n’en aurions pas fait tous ces cauchemards. Mais Vata reprendra le ballon de la main pour le propulser dans les cages de Castaneda, battu.

Valdo, le futur Parisien tire donc le corner. La balle s’élève et… Magnusson, joueur de Benfica dira :« Six ou sept fois, cette saison, déjà nous avons marqué sur cette combinaison. De manière parfaitement valable. Mais là, quand la balle m’est parvenu, j’étais en sandwich entre deux défenseurs : j’en ai été gêné, je n’ai donc pas pu doser ma reprise, et voilà pourquoi elle est arrivée un peu trop loin pour Vata.« 

Vata racontera son but. A sa manière : « Je me souviens parfaitement du geste, comment pourrais-je l’oublier ? Ce match a permis à Benfica de se qualifier pour une finale européenne et il a marqué nos carrières à jamais. Il restait moins de dix minutes je crois. Valdo a obtenu un corner, Magnusson a sauté devant moi, il dévie la balle d’une tête, puis le ballon est arrivé vers moi. J’ai mis mon épaule et c’était un but. C’était la folie dans le stade. C’était encore l’ancien Luz, il était plein, 120 000 personnes. C’était une fête extraordinaire, une atmosphère fantastique. »

Quand t’es dans le déni…

Di meco: « Tout se passe devant moi. Je le vois toucher le ballon de la main. Je lève la main par réflexe, parce que je crois que tout le monde l’a vue. C’est une évidence pour moi, à ce moment-là. Ce sont des secondes qui durent des minutes en réalité. Et quand je me rends compte que l’arbitre de touche est dans mon dos et ne peut pas la voir, et que j’aperçois aussi que l’arbitre est à l’opposé de la surface et qu’il n’a pas vu, là, j’ai un grand frisson qui me parcourt. »

Castaneda, qui est en première loge pour décrire le geste : « Bien sûr que je la vois, je pars en retard car je vois qu’il est trop loin pour toucher le ballon et je n’anticipe pas qu’il fasse ce geste, c’est pour cela que je pars un peu tard pour empêcher le but. »

De son côté, Gili n’a rien vu depuis le banc. Mais il a vite compris: Le rebond du ballon m’avait paru bizarre, dit-il. Il m’avait semblé taper sur la poitrine mais dans ma tête, je me suis dit, ‘il doit avoir une bosse de chameau ce joueur pour voir le ballon repartir aussi vite avec une telle trajectoire’. Mais je vois la réaction unanime des joueurs. Les onze. C’est rare. Parfois, vous avez un gars qui lève la main. Mais là, les onze en même temps…

Et l’arbitre alors? L’arbitre, dont Di meco nous dit qu’il n’a rien pu voir ?

L’arbitre est belge, et se nomme Marcel Van Langenhove. Il tient une épicerie dans sa petite ville de Wemmel, en périphérie de Bruxelles, et il est un arbitre expérimenté, désigné plusieurs fois meilleur arbitre du royaume, déjà sélectionné pour la coupe du Monde qui se déroulera quelques semaines plus tard en Italie.

« Lors du match aller, qu’il avait remporté 2-1, l’OM avait eu les occasions pour mettre quatre ou cinq goals, et j’aurais eu la paix au match retour, sourit-il. Mais là, avec 1-0, Benfica avait assez pour passer. Mais je me sentais normal. […] J’étais au top parce que j’avais été désigné pour la Coupe du monde, donc j’étais tranquille dans ma tête. J’y allais, voilà. » Avant le fameux but rien n’est à signaler. « C’est très correct, raconte-t-il. Je ne sais pas combien je donne de cartons jaunes, mais pas beaucoup. Un ou deux maximum, je pense. Il n’y avait pas de brutalité dans le match. De l’engagement, mais ce qu’il faut, dans les règles. »

En une seconde, et une action de jeu, l’arbitre devient l’objet de toutes les suspicions. Il se justifiera:

« On réclame une main, mais quand tu ne l’as pas vue, tu ne l’as pas vue, c’est tout… Même les reporters de TF1 Jean-Michel Larqué et Thierry Rolland ont dit en direct : ‘Oh Vata, c’est une catastrophe, un own goal…’ Ils ont dû regarder trois fois une image qui n’était pas claire pour dire que c’était une main. Et encore, est-ce que c’était avec la main, avec l’avant-bras, au-dessus du bras ? Encore personne aujourd’hui ne sait le dire.« 

En effet, au moment du but, la perplexité des commentateurs de Tf1 est audible, et ils pensent d’abord qu’il s’agit d’un CSC. Mais, à la différence de l’arbitre, ceux là sont au loin, en tribune, et non pas à côté de l’action.

Vata, que l’on a resorti a l’occasion de cet OM-Benfica de son trou memoriel où on l’avait enfui et de de l’Australie où il vit actuellement, continue de nier avoir marqué de la main. Je ne vais pas remettre ses propos, car on les a déjà vu partout depuis 3 semaines. Il a la conscience tranquille, d’après ce qu’il clame à tous les journalistes, et jure avoir marqué de l’épaule. Il n’y a qu’à regarder les images, pourtant…

Le match reprendra apres ce but, et l’OM ne réussira jamais à être dangereux. Elimination, et sentiment immense d’injustice. Benfica perdra en finale contre Milan, pour ce qui sera la dernière finale de C1 de leur histoire jusqu’ici. Bien fait pour leur gueule. Je dirai bien « Bien mal acquis ne profité jamais » mais quand on voit la manière dont le Milan AC aux méthodes berlusconniennes s’était hissé en finale…

Ce Milan, que beaucoup appellent le « grand milan » était pour ma part complètement surfait : que ce soit en 1/8èmes face au Real, en Quarts face à Malines, en Demi face au Bayern, ce furent à chaque fois des qualifications en mode « merci l’arbitre » et scandale sur scandale (buts parfaitement valides mais ubuesquement refusés aux Real et Malines, « péno » accordé face au Bayern, des hors-jeux non-sifflés, la violence et des pressions constantes aussi sur le corps arbitral..ad nauseam). Sur la lancée d’ailleurs de l’édition 88-89, qui avait déjà été singulièrement vérolée à l’Etoile Rouge et au Werder. Jusqu’aux années 2000, il fallait se salir les mains pour gagner en Europe. Aujourd’hui c’est un autre type de truand, bien à l’image de cette époque de trading et escrocs en col blanc. En France ça passe mieux, le PSG a le droit aux faveurs meme ils sont gérés par des incompétents…

Un Milan que nos olympiens, comme chacun sait, élimineront l’année suivante, après que les lombards aient essayé de gagner sur tapis vert pour le fameux problème d’éclairage, et que nous vaincrons également en 1993. Tapie avait, sans conteste, monté une équipe bien plus forte que Berlusconi, et que le reste de l’Europe. Au delà de la finale de 91, pour ce qu’elle montrait sur la scene européenne, seule l’étoile Rouge était en mesure de rivaliser avec nous. Mais cela ne reste que mon avis.

Revenons à notre fin de match.

Castaneda, au sujet de ce but, qui sera le dernier encaissé de sa carrière pro: « On est passé à côté de quelque chose d’exceptionnel, est-ce seulement la main de Vata ? A l’aller on doit gagner bien plus largement et finalement cette main n’aurait été qu’anecdotique. »

Et le peuple olympien n’aurait pas ete traumatisé par ce sentiment écrasant d’injustice.

De son côté, Vata, 65 sélections avec l’Angola, qui regrettait seulement d’avoir perdu son surnom d’El Gato suite à cet épisode, ne semble pas traumatisé outre mesure. Il raconte même une anecdote : « C‘est vrai que les Français n’ont pas digéré. C’est vrai que ça leur est resté en travers de la gorge. Je vais vous raconter une histoire. Il y a quelques années, j’étais à Bali et j’ai été abordé par deux jeunes. J’étais assis dans un café et un ami a crié mon nom à haute voix. Les enfants étaient juste à côté de moi et se sont approchés de moi. Ils m’ont demandé si j’étais vraiment Vata, le footballeur. Je leur ai répondu par l’affirmative et ils n’en revenaient pas. Ils m’ont même demandé un document pour prouver mon identité. J’ai trouvé cela étrange et je leur ai demandé comment ils me connaissaient. L’un d’eux m’a dit que son père était originaire de Marseille et qu’il était allé voir le match de Benfica. En rentrant à la maison ce jour-là, il avait été violent avec sa mère et que depuis mon nom était associé à de très mauvais souvenirs. » 

Pour l’anecdote, Vata embrassera ensuite une carrière d’entraîneur qui l’emmènera, pour seul sommet, à diriger Santos en 2011. C’est donc peut être lui qui a alors appris à Neymar à se rouler par terre et à tomber pour simuler des fautes et tromper les arbitres…

Mais si ce match est resté aussi célèbre, c’est aussi pour ce qui s’est passé à la fin, et la fameuse déclaration du Boss: « Faut pas me la faire trop longtemps. Sur le plan du recrutement et de la manière de manager un club, je pense que ça, j’avais su faire. Manager l’environnement d’une Coupe d’Europe, je n’avais pas compris, je vous promets que j’ai compris. Cela ne se reproduira plus jamais. « 

On attribuera à ce match la genêse de l’affaire VA-OM. On ne saura jamais ce qu’il en serait advenu sans ça, mais vu les ambitions politiques de Tapie, et les bâtons mis dans les roues, on se doute bien que l’on aurait bien chercher de quoi le faire tomber, même sans Valenciennes. Et pour moi, l’idee que « Valenciennes » soit né à Lisbonne fait partie de la Mythologie. Mais combien de fois ai je imaginer ce qu’il nous serait arriver de grandiose sans cette affaire. Pas de D2, le virage de l’arrêt bosman pris par le bon côté….

Or, ce sont rarement les pires qui se font rattrapés par la cavalerie lourde, et que l’on livre en pâture publique ; un club avec la gueule de l’OM (et tous ses défauts/problèmes gros comme un camion), c’est pratique pour feindre de nettoyer plus blanc que blanc. Ca n’absout pas ce club de ce qu’il fit (quoique.. : l’OM fut sanctionné, au moins!), mais ça absout bien moins encore tous ceux qui, avant et après l’OM, passèrent et passeront encore entre les gouttes du filet.

Ainsi, quand nous parlons de Lisbonne, nous parlons donc d’un match qui aurait ete arrangé, et d’un trio arbitral qui aurait été acheté, les paroles de Bernard Tapie ne laissant aucune place au doute sur l’objet de son courroux. Le belge niera ces accusations: « On parlait de 40 millions de francs belges à ce moment-là (l’équivalent d’un million d’euros), note-t-il. On disait que j’étais acheté pour 40 millions, il paraît même qu’il y avait des bordereaux, mais ils étaient faux. Il disait que j’étais acheté, mais par qui ? Peut-être par Benfica ? J’aurais voulu qu’il m’explique ça, mais il ne l’a jamais fait. »

Et c’est le Premier ministre Michel Rocard lui-même qui va interpeller le gouvernement belge et surtout écrire à l’arbitre. « Il m’a écrit personnellement, c’est très bien un Premier ministre qui m’écrit, ironise Van Langenhove. C’est gentil de sa part, mais je n’ai pas répondu. Il a interpellé le gouvernement belge, c’était presque la guerre entre la France et la Belgique… »

Coucou

Pour l’arbitre, la lettre du chef du gouvernement était avant tout un coup politique, et un coup de pouce à un élu du même parti : Bernard Tapie, le président marseillais, que le Belge peine encore à nommer. « J’étais désigné pour la Coupe du monde 1990, mais il y avait une personne qui voulait absolument que je n’y aille pas, un dirigeant de l’OM dont je ne citerai pas le nom, je n’ai pas envie, raconte notre interlocuteur. Il a déposé une plainte contre ma personne, une semaine avant que je parte en Italie. J’ai dû aller en Suisse faire lever le secret bancaire pour prouver mon innocence. J’ai dû rester deux jours là-bas pour voir si je n’avais pas un compte ouvert dans une banque suisse… Je vais m’arrêter là parce que ça ne vaut même pas la peine de discuter. J’ai été acquitté par la FIFA et l’UEFA à Berne, ça suffit.« 

Si Vata est fier de son « but le plus important », l’arbitre belge aura plus de mal à digérer l’après-match.

En plus des déboires administratifs, et des nombreuses critiques il recevra de nombreuses menaces les années suivantes. « Beaucoup de journalistes m’ont jeté la pierre, ce qui est normal parce que tu es seul, et qu’on ne va jamais attaquer l’équipe. Alors qu’un homme seul, c’est facile, il ne sait pas se défendre. Pourquoi on n’a pas attaqué le voleur du match, le tricheur, Vata? On l’a laissé tranquille, il a la paix lui. Moi, maintenant encore, je pense à ce match-là. Pas tous les jours mais de temps en temps. Enfin, il y a eu le match mais il y a aussi eu l’après-match. Et ça c’était plus grave… »

Il poursuit sur ses malheurs : « Ç’aurait été mieux que je vois l’action, j’aurais été le ‘King’ à Marseille pour toute ma vie, plaisante-t-il. Au lieu de ça, j’ai reçu des menaces de mort à Toulon, où je suis allé pendant dix ans (arbitrer le Festival international Espoirs). Menaces qui ont aussi traversé la frontière, par téléphone. « C’était du genre : ‘Si je te vois, je te mets une balle’, et tout ça, soupire Van Langenhove. C’est arrivé deux ou trois fois. Mais il faut laisser tomber… Je n’ai jamais dérangé la police. »

Le Belge confesse tout de même une certaine douleur. « Le match aller aurait pu se terminer sur un 4-1 et tout était terminé, on ne parlait même pas de Van Langenhove, estime-t-il. Les supporters doivent penser à cela. […] J’ai aussi mes sentiments, ça me blesse, honnêtement. Évidemment que ça me blesse. « Alors lorsque l’on lui parle de Vata l’amertume perdure : « J’en veux à Vata, c’est normal, concède-t-il. Je ne vais pas l’applaudir quand je le vois. Ce n’est pas mon ami…A ce qu’il paraît, il est en Chine ou je ne sais où (en Australie), lance-t-il avec un brin de dédain. Ça ne m’intéresse pas de savoir où il est. Il a encore sa main peut-être ? C’est bien. Il ne l’a pas brûlée, bon, voilà. Est-ce que je serais prêt à en discuter avec lui ? Non. Je n’aime pas les tricheurs. »

Chacun d’entre nous à son idee sur la question. S’il n’a effectivement pas vu la main, masqué par les joueurs comme le dit Di Meco, il aura payé très cher ce match. S’il a ete acheté, je dirai  » Bien fait pour sa gueule ! »

A redécouverte des images, il est tout à fait envisageable qu’il n’ait rien vu, avec une vision du ballon masquée. Je ne lui donnerai pas le bon dieu sans confession, mais sur ce coup-là…???

Conclusion:

J’ai 10 ans. Je sais qu’c’est plus vrai mais j’ai 10 ans. Et j’ai l’impression que cette main de Vata a toujours été en moi, et qu’elle a toujours fait partie de ma vie.

J’ai 10 ans, et je regarde le long portrait que consacre Téléfoot au magicien anglais qui illumine, avec d’autres, l’attaque olympienne. Pour Benfica comme pour nous, il est loin le temps où on se disputait une place en finale de Coupe des Clubs Champions. Au sortir d’une saison chaotique, à laquelle succédera sans doute une saison de transition. Au sortir d’un match insipide que B.O.C. a parfaitement résumé ce matin…

J’ai 10 ans. Et hier Waddle a marqué un doublé contre le Bordeaux de Bez, 3 jours avant d’aller à Lisbonne. Espérons que nous ne regretterons pas toutes les occasions ratées du match aller

J’ai 10 ans.

Quand je repense à cette période, j’ai 10 ans. 10 ans pour toujours…

10 commentaires sur « Benfica-OM: La Main du Diable »

  1. Je me trompe peut être mais je suis de ceux qui pensent que sans ce match, sans Bari et sans l’élimination l’année suivante contre le Sparta Prague, nous n’aurions jamais remporté la finale de Munich face au grand Milan. Des plus douleireux échecs naissent les plus grandes victoires et c’est ainsi que notre histoire s’est forgée et que nous avons appris à gagner.

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    1. Je le pense aussi. Du reste, tous les protagonistes, Tapie en tête, ont expliqué s’être trompé dans l’approche du match de Bari, et avoir fait en sorte de préparer.ce match autrement, en essayant de ne pas se mettre la même pression qu’en 1991

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    2. Donc d’ici 2 ans, on devrait regagner la champions league, car des échecs cuisant en LDC, on en prend plein la gueule à chaque campagnes 😭😭😭

      Si tu dis que le meilleur reste à venir, alors👍👍👍😁😁😁

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    1. Cette equipe etait magnifique. Putain ! Du talent sur toutes les lignes, a tous les postes. Meme si on ne sait pas comment on aurait aborde la finale, et si on l aurait gagné, je pense qu’intrasequement, on avait de quoi marcher sur Milan.

      S agissant de la main, on l a vu tellement de fois, et il y a 1 tel imaginaire qui s est développé dessus. Mais je ne crois pas l avoir vu en direct. D ailleurs, Gili dit que tous les joueurs l ont vu, mais di meco dit, lui, qu à part lui qui était au mariage, et le gardien, personne ne l avait vu en direct non plus…

      Oui, si c est pour dire ça, Vata ferait mieux de fermer sa gueule. Tout le Portugal est d accord pour dire qu il a marqué de la main ( bon, certains diront que c est parce qu il a ete poussé😁), mais on est très loin de la main d Abel Xavier à l euro 2000, où la main ( ou l opportunité de la siffler) est encore contestée par 1 nation entière. Pour Vata, il est le seul croire ses conneries

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      1. Javais un gros faible pour le jeu de vercruysse, qu’elle élégance balle au pied…😍😍😍 Et Enzo 💪💪💪

        concernant cette 💩💩💩 de Vata, no comment… Parler de lui c’est lui donner de l’importance… Il est minable…

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