Léo Balerdi: Pro Évolution Soccer

Léo Balerdi est comme les mots, il évolue avec le temps, et faire une « Balerdi » aujourd’hui n’aura pas le même sens qu’il y a 3 ans. Tout comme on dira « il se balerdise » d’un joueur qui, après des débuts timides, deviendra un élément clé de l’équipe là où il y a quelques mois beaucoup auraient employé cette expression pour designer un joueur qui se troue souvent.

En revanche, l’expression : » il se velere-germanise » garde totalement son sens premier. Exemple: Timo Werner s’est valere-germanisé ».

Ainsi, nous avons toujours trouvé que notre défenseur était « formidable ». Ce qui signifiait « effrayant » dans le sens premier du mot, alors que depuis 1826 (et l’utilisation du mot par Balzac ) cela signifie: « Qui sort de l’ordinaire par son caractère énorme, colossal, imposant « , selon le Larousse. Définition qui semble parfaitement convenir au sujet.

Baloche pris du volume, comme un melon. Ce qui désignait aussi un fruit autrefois, mais bien plus petit puisqu’il s’agissait… d’une pomme ! En effet, le terme vient du latin « melo, melonis », lui-même hérité du grec « milo », signifiant « pomme ». Balerdi, ou l’histoire de la pomme devenue melon. Faut dire, aussi, qu’il en a de grosses, Baloche.

Qu’il semble loin le temps où on pouvait lire sur les forums et les R. S.  » Oui, mais si Lucas Perrin ( que je salue, s’il nous regarde) était argentin on l’aurait gardé » sous entendant que Balerdi ne devait sa présence qu’à la nationalité qu’il partageait avec Sampaoli, et oubliant que les autres défenseurs de l’équipe n’était pas plus argentin que Perrin.

Qu’il semble loin ( même s’il en avait remis une couche cet automne) le temps où Di meco disait : » Quand je vois Balerdi avec ce maillot, j’ai mal à mon OM », oubliant qu’entre son départ et l’arrivée de Baloche, on en avait vu défilé un paquet de brêles, qui n’avaient pas reçu autant de salades dans la tronche que Léo.

Qu’il semble loin le temps où la simple citation de son nom prenait la forme d’un running gag, même ici. L’ironie voudra que le seul membre de l’équipe OM à l’Apero qui le défendait et voyait avant tout son potentiel était aussi le seul qui ne regardait pas les matchs ( Anakin, que je salue, s’il nous regarde). Quand la cécité mène à la clairvoyance.

On en a connu des plus expérimentés que lui qui ont lâché, la palme revenant à son compratiote Benedetto qui n’aura pas supporté la pression marseillaise une année où les matchs étaient à huis clos.

On en a connu des plus expérimentés qui n’ont pas pris le quart de ce qu’il a pris dans la gueule qui ont fini par lâcher. Mais Balerdi a montré une énorme force de caractère pour remonter la pente, même si une cagade finissait toujours par surgir pour le faire tomber de nouveau. Et l’obligeait, tel le Sisyphe olympien, à remonter la pente avec son passif en guise de rocher.

On a tous en tête sa sortie en milieu de première mi temps contre Lille, sous Tudor, accompagnée de sifflets unanimes, lors d’un début de match qu’il avait raté dans les grandes largeurs. Ils n’étaient pas nombreux à se dire qu’il ferait une Masterclass l’année suivante en demi finale de coupe d’Europe, et quand, au mercato suivant, Leonardo refusait l’ajax, beaucoup d’entre nous s’ecriérent « Et merde !!! »

A beaucoup d’entre nous ( et il y a du « je » dans le « nous »- Oui François, ça fait « je-nous »), à beaucoup d’entre nous, donc, Balerdi a fait fermer la bouche. Ça n’enlève pas ses boulettes, qui ont bel et bien existé, comme d’autres ratent des buts tout fait, mais ce peut être le prix à payer pour un club comme le notre lorsqu’on prend un jeune défenseur qui n’est pas « fini », mais auquel on croit beaucoup.

Il est certain que Balerdi a quitté l’Argentine trop tôt, et que sa formation n’était pas terminée quand il est arrivé à Dortmund. Il est certain qu’il n’avait pas beaucoup de kilometres au compteur ( il est né à Villa Mercedes; oh lord, won’t you buy me a Villa Mercedes benz) lorsqu’il nous a rejoint. Il est certain que la patience n’est pas connue pour être la première de nos qualités ( euphémisme). Il est certain… il est certain… il est certain… il est certain que Balerdi est cette saison l’un des meilleurs olympiens !

Dans une saison compliquée, en dehors de la parenthèse européenne enchantée, il fut l’un des rares à tirer le groupe vers le haut et à montrer du caractère quelque soit l’adversaire.

Nom: Balerdi.

Profession: joueur complet

Solide et infranchissable, il a mis Scamacca dans sa poché en demi finale aller.

Des gestes de classe ( talonnade, double contact), de l’élégance, un sens aiguisé de l’anticipation, de la technique, des ouvertures parfaitement déposés, jeu court- jeu long: tout est maîtrisé. Mais ce que j’aime le plus, c’est ce côté vicieux. Balerdi peut être une vraie garce sur le terrain, et il fait beaucoup de bien à une équipe naïve, qui a si souvent manqué de vice. Une oreille tendue pour écouter une consigne adverse, une petite poussette suffisante pour déstabiliser l’adversaire, un peu de cinema quand il tombe au sol. Balerdi est propre, même quand il est sale.

On dit souvent qu’il faut savoir vendre au bon moment, mais si nous pouvions repartir la saison prochaine avec Balerdi, Mbemba, et Meité ( qui a été très fiable chaque fois que l’on a fait appel à lui, et dont la première saison chez nous est une belle promesse), nous aurions une defense sévèrement burné.

En attendant, il reste une demi à jouer, un championnat à finir, et un titre européen à aller chercher. Et nous savons que nous pouvons, entre autres, compter sur Balerdi, pour être à la hauteur de l’enjeu et pour encourager ses coéquipiers à se mettre au diapason. Comme il l’avait dit avant de recevoir Lyon:  » Je vais casser des culs à l’entraînement, comme ça mes coéquipiers seront prêts « .

Et on peut lui faire confiance pour joindre le geste à la parole

Allez l’OM !!!

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