Payet : Qui sème le vent récolte le tempo.

En 6 saisons et demi on a déjà tout écrit ou presque sur Dimitri Payet et son rendement à l’OM. Intermittent du spectacle, caractériel, manque de rigueur, condition physique défaillante, absence de palmarès, faiseur de rois et d’entraîneurs…les critiques, parfois légitimes, l’accompagnent depuis son arrivée au club lors de la saison 2013-2014. Au delà des statistiques (48 buts, 58 passes décisives en 208 matchs joués en ligue 1 sous la tunique ciel et blanche), il y a une chose qui ne change pas : lorsque Dimitri se porte bien l’OM aussi. Depuis des années il est le métronome du jeu olympien. Celui qui dicte le tempo et peut déclencher des tempêtes.

Son époustouflant début de saison l’atteste une nouvelle fois. Lui que l’on pouvait penser sur le déclin, après une dernière saison décevante et la signature de son contrat à vie avec l’OM, a décidé de revêtir son apparat de lumière pour offrir aux supporters le meilleur de ce qu’il lui reste aujourd’hui. Payet est un affectif. Il aime se voir confier des responsabilités, se sentir important, attirer les regards. Il aime aussi répondre à ses détracteurs quitte à passer parfois pour arrogant. Mais contrairement à d’autres il ne se contente pas seulement de répondre en interview, il le fait aussi bien souvent sur le terrain. C’est son style. Celui d’un joueur pétri de talent capable d’offrir la victoire à son équipe quasiment à lui tout seul en devenant injouable pour ses adversaires lorsqu’il l’a décidé. Un joueur capable de regarder droit dans les yeux les starlettes qataris ou un kop adverse néo faschos à la bêtise crasse. Un joueur d’excès, dans tous les sens du terme, dont le tempérament colle si bien à l’OM.

Jusqu’à présent Sampaoli semble avoir bien compris le fonctionnement de son maître à jouer et ce qu’il pouvait en tirer en le mettant dans de bonnes conditions. Replacé dans le coeur du jeu, occupant un rôle de faux numéro neuf en l’absence de Milik, déchargé d’une partie de son rôle défensif, il jouit d’une liberté et d’une confiance retrouvée qui le rendent indispensable à son équipe et en font actuellement à nouveau l’un des meilleurs joueurs du championnat. Tactiquement Payet peut décrocher et dézoner pour donner le tournis aux défenseurs et ouvrir des brèches pour ses coéquipiers. Il peut aussi combiner avec ses partenaires, notamment Under et KDLF avec lesquels l’entente semble naturelle puisque ces trois là parlent le même football. Reste encore à parfaire la connexion avec Gerson, mais cela peut venir tant le Brésilien dispose lui aussi des qualités requises pour s’entendre parfaitement avec Dim.

Comme toujours il faut espérer que Payet conserve cet enthousiasme et cet état d’esprit le plus longtemps possible. Et que certains grains de sables ne viennent pas se mettre trop tôt sur son chemin pour faire dérailler la machine. Car les saisons défilent et la fin de sa carrière approche. En attendant profitons pleinement de ce que Dimitri a encore à nous offrir dans son jardin du Vélodrome et sur toutes les pelouses de Ligue 1. De l’émotion, des frissons, de la passion.

Publié par guigslamangouste

Citoyen du monde, accroc depuis au moins 30 ans à l'OM. Ce club représente pour moi un concentré d'émotions irrationnelles. Un vecteur de rassemblement par delà toutes les origines, classes sociales ou frontières. Collectivement on va toujours plus loin que seul.

9 commentaires sur « Payet : Qui sème le vent récolte le tempo. »

  1. Bonjour l’ami. Beau résumé du personnage et de sa complexité. Le match de Bordeaux est l’exemple même de son importance. Une première mi-temps étincelante où il nous a porté et une deuxième où il a disparu physiquement et l’équipe avec.

    Aimé par 1 personne

  2. Superbe mon Guillaume…
    Quand je vois d’un côté : son début de saison tonitruant, son efficacite ses passes et ses buts chirurgicaux, son jeu d’orphevre,
    Quand je vois de l’autre : une équipe de france sans âme, sans fond de jeu, sans liant entre le milieu et l’attaque, avec aucune de ses divas la composant n’ayant la qualité et les couill… de prendre le jeu à son compte…
    Je me dis qu’à l’heure actuelle Dimitri a 1000x sa place dans le 11 tricolore…
    Zizou une pige sélectionneur des bleus avec un vrai 10 à la baguette, ça ne t’intéresserait pas ???

    Aimé par 2 personnes

  3. Payet est incontestable un très bon joueur. Je reste néanmoins convaincu que les 30 millions (sans parler du salaire) investis sur lui auraient pu être mieux alloués. Payet est un joeur profondément procyclique : il va renforcer l’équipe quand la dynamique est bonne mais peut aussi l’enfoncer un peu plus dans le cas contraire. Je préfère les joueurs peut-être un peu moins talentueux mais réguliers et non caractériels. Cela reste mon très modeste avis. Pour le reste bel article Maestro 😘

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    1. Eh oui il aura divisé toute sa carrière. C’est aussi l’une de ses caractéristiques. Après est ce qu’il renforce l’équipe uniquement lorsque la dynamique collective est bonne ou est ce que la dynamique collective est bonne lorsque son niveau de performances est a la hauteur ? Personnellement je penche plus pour la deuxième option.

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