Gerson airplane: nobody to love

Gerson do Olympique de Marseille, c’est fini. Le joueur devrait atterir au Brésil dans la journée, et signer son contrat avec son nouveau/ancien club dans la foulée.

C’est déjà fini, si l’on se replace à la fin du printemps dernier, quand le joueur avait illuminé notre fin de saison de sa classe et de son influence.

Enfin fini, lorsqu’on repense à ces derniers mois. Depuis le clash avac Tudor pendant la prepa. Depuis les réceptions de Francfort et d’Ajaccio. Depuis que son père a bavé dans les medias. Depuis que l’OM l’a autorisé à partir, deux jours avant un match crucial à Monaco. Depuis qu’il est rentré, en retard, comme un moyen de pression entre deux négociations. Comme la fin d’une mauvaise comédie, quand il nous tarde de sortir d’une salle de cinéma dans laquelle nous regrettons d’être entré. Mais il faut plusieurs mauvais acteurs pour faire un mauvais film, bien évidemment.

Alors Gerson, à qui la faute? Qui mérite vraiment son Golden Rasberry Awards? Un peu tout le monde. De l’acteur principal au réalisateur du film. De celui qui ne s’adapte pas au changement à celui qui change tout, sans oublier celui qui rentre dans la seconde partie du film pour tout changer et ne s’adapter à personne d’autre que son idée. La fin de l’histoire était écrite dès lors que Pablo avait changé de scénariste, et ce départ était finalement prévisible dès le début de l’été. Du reste, rien dans les derniers mois de Gerson à l’OM n’a vraiment été surprenant, mais le romantisme a agit comme un voile devant nos yeux.

Gerson, à qui la faute, donc? En premier lieu, au joueur bien sûr. Un joueur qui nous a offert des prestations insipides depuis le début de la saison, et une mentalité très critiquable, à l’image de ses sorties du terrain à deux à l’heure en tirant la tronche, les soirs où l’OM fonçait vers la défaite et le joueur était transparent. Un joueur qui n’a jamais semblé vouloir s’adapter à la nouvelle philosophie de jeu ou se battre pour retrouver sa place, à l’inverse d’un Rongier l’année dernière ou d’un Payet cette saison. Comme si tout lui était dû. Comme s’il était plus important que l’intérêt collectif. Comme si ses qualités lui ouvraient un passe droit pour ne pas fournir les efforts que le coach, ou le score, commandaient. Comme si un tel comportement pouvait être accepté… La sortie de son père et agent, au mois d’octobre, dans laquelle il chargeait Tudor, en dit d’ailleurs beaucoup sur la mentalité du clan. Rendre Tudor responsable de la non sélection de son fils pour la coupe du monde, alors que celui ci n’était plus sélectionné depuis le début d’année 2022, après des prestations très critiquées au pays pour sa dernière sélection, étant un sommet de mauvaise foi. Surtout à un moment où le club enchaînait les défaites, et jouait sa survie européenne. On pouvait difficilement faire plus gros crachat au visage.

Longoria n’est évidemment pas exempt de tout reproche dans sa gestion du joueur. Au lieu de capitaliser, en l’ameliorant, sur ce qui avait fonctionné l’année précédente, Pablo a décidé de tout bouleverser: style de jeu, effectif, du passé faisons table rase et ceux qui ne sont pas contents par ici la sortie ! Or, il était assez évident que ce style direct ne collerait pas aux qualités de Gerson. Il fallait alors, lui aussi, le mettre dans la grande lessiveuse mercantile de l’été. Ou alors le traiter avec quelques égards, après avoir autant investi sur lui, et après que Gerson nous ait prouvé qu’il était le type de joueur qui savait faire basculer un match. Mais paradoxalement, nous sommes à l’OM, aujourd’hui, à l’ère du joueur jetable, et non plus recyclable. Il va devenir compliqué de s’identier à un joueur désormais s’ils nous en changeons un dizaine tous les 6 mois. Nobody to love. On applaudit, on jette, on applaudit, on jette. Et surtout nous détruisons chaque année, ce que nous avons construit la saison précédente. Tant que la révolution permanente fonctionne, Pablo pourra toujours nous montrer les chiffres, et le podium sur lequel nous sommes provisoirement assis. Mais la réussite lensoise, avec moins de moyens, nous montre que le développement durable d’un projet, la vision à moyen et long terme d’un recrutement, a plus de chances de nous mener vers les hauteurs du succès. Il n’aurait pas fallu construire autour d’un joueur de la qualité de Gerson, non, mais construire avec lui. Nous ne sommes pas obligé de tout jouer au casino à chaque fin de saison. Mais cela n’engage que moi !

En revanche, à partir du moment où il a été decidé de tout bouleverser, nous avons finalement perdu 6 mois. Et des précieux points en championnat et en Coupe d’Europe. Nous allons vraisemblablement investir la somme de la vente sur un ou deux joueurs adaptés à Tudor. En espérant que l’on ne se trompe pas, il aurait mieux fallu que cette situation se produise en début de saison, et que nous disposions de ces armes dès le départ, plutôt que d’avoir ce joueur qui ne rentrait pas dans le nouveau moule définit par la direction, et qui ne nous servait plus beaucoup, du coup.

Enfin Tudor, et son style unique, sa tactique unique, qui ne s’adapte jamais aux joueurs qu’il a sous la main mais qui demandent à tous de s’adapter à lui, et tant pis si, en dépit d’un recrutement fait sur mesure, de plus en plus de joueurs étaient laissés sur le bord de la route en automne. Avec, en point d’orgue, une succession de défaites et une composition clonée d’un match sur l’autre, comme s’il ne fallait surtout ne rien changer à une équipe qui perdait. Il a fini par y incorporer Payet, bon gré mal gré, pour 5 minutes, puis 20, puis titulaire contre Toulouse, et l’équipe s’est remise à gagner. Mais cela doit être une coincidence, n’est ce pas? Payet qui, cette saison, est irréprochable sur le plan de l’état d’esprit, ce qui n’a pas toujours été le cas.

De plus, en associant systématiquement Payet et Gerson sur les derniers matchs du brésilien, comme un tandem de 2 joueurs inadaptés à un système sur 3 joueurs à vocation offensive, Tudor n’a clairement pas mis les 2 hommes en situation de briller. J’aurai aimé qu’on le teste aux côtés de Harit et de Sanchez par exemple. Ou qu’on l’essaie dans un rôle plus reculé, à la place de Veretout, surtout à un moment où ce dernier ne donnaient pas vraiment satisfaction.

Au final, tout le monde s’est entêté. Personne n’a fait d’effort ou de compromis, et Gerson va finalement être revendu à son ancien club. Nous sauvons les meubles. Financièrement, nous rentrons dans nos frais, c’est déjà ça, même si l’on peut difficilement s’en contenter quand on pense à la plus-value que son printemps laissait présumer.

Gerson, ce sont plusieurs mois à s’adapter avant de sublimer un effectif et de contribuer à la qualification pour la Champions league. Vu la tournure qu’a connu notre épopée européenne, on peut dire qu’à travers cette qualification il a participé à ramener quelques millions de plus que son seul transfert. Mais ceci n’est une consolation que pour les comptables, seulement.

Alors bon vent à lui. J’ai apprécié de le voir jouer pour nous l’année dernière, et de le voir offrir des caviars, et mettre de si belles frappes dans les filets adverses. J’aurai bien aimé que la suite de l’histoire soit différente, et qu’il continue d’illuminer notre jeu aux côtés d’un artiste comme Sanchez et d’un guerrier comme Guendouzi. Mais à partir du moment où aucun protagoniste n’a fait preuve de bonne volonté, il était temps que l’histoire s’arrête, et que chacun tourne la page. Place maintenant aux nouvelles recrues, en espérant qu’elles apportent à l’OM la plus-value sportive que nous espérons, et qu’elles contribuent à notre réussite en cette deuxième partie de saison . Et, si jamais elles étaient aussi bonnes que ce que nous attendons, je peux peut être même rêver, sait on jamais, sur un malentendu, de les voir briller une seconde saison d’affilée.. .. Si ce n’est pas trop demandé ?!!!

Allez l’OM !!!

7 commentaires sur « Gerson airplane: nobody to love »

  1. Bravo pour ce joli post…
    Je pense aussi que les tords sont partagés comme dans toute séparation d’ailleurs…
    Mais perso, je trouve que la majeure partie des tords vient du joueur… On peut être en méforme, être aligné à un poste qui n’est pas le tien, mais on se doit de toujours essayer. Et si ça ne marche pas, AU MOINS SE BATTRE SUR LE TERRAIN…
    Under est le parfait exemple…

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