Battle Royale: Cirillao do massilia vs Guigs la Mangouste, round 2. Le foot féminin symbole de modernité pour les clubs professionnels ou pas…

Je ne me souviens plus très bien en quelle année je me suis intéressé pour la première fois au football féminin. Etait-ce 2007, l’Euro 2009, la coupe du monde 2011 ? Toujours est il que c’était grâce à l’équipe de France de Bruno Bini, de Marinette Pichon, Camille Abily, Corine Diacre ou Sandrine Soubeyrand. Les Bleues faisaient alors souffler un vent de fraîcheur bienvenue en comparaison avec un football masculin hyper médiatisé et mondialisé. Cette génération de joueuses allait ouvrir la voie à d’autres, et l’équipe de France féminine pouvait alors rêver à des lendemains qui chantent. Le jeu était au centre des préoccupations des joueuses pour lesquelles le star system était encore loin. Même si le niveau technique n’était pas toujours au rendez vous, l’abnégation de ces femmes pour revendiquer leur droit à exister dans un univers trop longtemps préempté par les hommes était assez admirable. Le football féminin de club était encore semi pro et Montpellier en était le fer de lance en France.

Las, cet esprit nouveau et rafraîchissant aura été balayé au fil des ans, rattrapé par les excès et les tares du professionnalisme.

Tout d’abord il est étonnant de constater aujourd’hui à quel point personne ou presque ne s’insurge contre le fait que seulement deux clubs français, Lyon et le psg, écrasent le championnat et trustent les places dans le dernier carré des compétitions européennes, même si deux ou trois clubs allemands essayent de résister. L’incertitude du sport et l’adversité ont presque totalement disparus des terrains, ôtant par la même quasiment tout intérêt et toute valeur aux titres obtenus. Quel plaisir reste t’il aujourd’hui à regarder un match féminin dont le résultat est souvent connu avant même d’avoir été joué ? A noter que la L1 masculine qatarisée souffre du même mal pour le titre.

L’équipe de France a aussi connu son lot de désillusions et ses turpitudes, comme en témoignent les échecs répétés pour obtenir un titre international ou les tensions entre Corine Diacre et ses joueuses. Si l’entraîneur actuelle des Bleues a sûrement ses torts, il n’est pas étonnant d’assister à des frictions avec les joueuses 2.0 qui se sont rapprochées des plateaux télés et dont la notoriété à l’ère des réseaux sociaux dépasse désormais de loin celle de l’ancienne génération. Question d’égos ? Il faut se rappeler comment Bruno Bini lui même avait été poussé dehors par certaines joueuses du groupe, avant d’être rappelé suite au fiasco Olivier Echouafni pourtant jugé dans un premier temps plus moderne.

Malheureusement, si la médiatisation des footballeuses est une très bonne chose pour leur porte feuille, cela n’a pas permis d’assister dans le même temps à une progression du niveau général. Et là je vais un peu parler du jeu. L’écart entre un match professionnel de foot féminin et un match professionnel de foot masculin reste abyssal, sur le plan physique, de la vitesse et surtout technique. Le poste de gardienne de but étant sans doute le plus sinistré. Tactiquement les progrès sont indéniables, mais cela suffit il à rendre le spectacle attrayant ? Cependant, l’espoir d’une progression globale du jeu à (re)venir demeure.

Le foot féminin a donc connu en 10 ans une exposition médiatique exponentielle, portée par certaines chaînes de télévision en recherche de foot à diffuser à moindre coût. Il semble traverser une logique crise de croissance.

Est il possible, sans être taxé de machiste, mysogine ou réactionnaire, de se réjouir de l’essor du foot féminin tout en regrettant le temps où il n’était pas encore gangrèné par le professionnalisme ? Et d’espérer que toutes les petites filles du monde qui souhaitent simplement s’amuser à taper dans un ballon puissent le faire sans risquer de finir entre les griffes d’Aulas ou du Qatar ?

Et l’OM ? L’OM semble aujourd’hui à mi chemin du guet, à chercher sa voie dans un entre deux difficilement tenable. Pour se mettre au niveau des meilleures équipes françaises et européennes il faut investir. La section féminine du club n’est clairement pas une priorité pour les dirigeants. C’est sans doute dans sa dimension sociale et sociétale, et non vers le monde du professionnalisme, que le club peut avoir un rôle à jouer à court et moyen terme. Pour permettre aux jeunes filles de ne pas oublier que le foot est surtout beau lorsqu’il reste un jeu, un plaisir et qu’en faire son métier n’est pas une fin en soi. Et leur eviter d’avoir à se calquer à n’importe quel prix sur le modèle masculin pour exister.

Guigs La Mangouste.

Publié par guigslamangouste

Citoyen du monde, accroc depuis au moins 30 ans à l'OM. Ce club représente pour moi un concentré d'émotions irrationnelles. Un vecteur de rassemblement par delà toutes les origines, classes sociales ou frontières. Collectivement on va toujours plus loin que seul.

5 commentaires sur « Battle Royale: Cirillao do massilia vs Guigs la Mangouste, round 2. Le foot féminin symbole de modernité pour les clubs professionnels ou pas… »

  1. Très beau second round mon guigs…
    Bienqu’acculé dans mon coin et sur ma défense, je prépare déjà le 3eme round… Mets ta coquille et ton protège dents… Je bois une dernière jaunette et en piste…

    Aimé par 1 personne

  2. Peut être que la différence de ressenti entre ses deux pratiques du même sport, vient tout simplement du temps d’existence de chacun dans les faits et dans les esprits ?
    Dans 10 à 20 ans, ces différences seront encore moins perceptibles.
    Ça me fait penser penser aux images de Fontaine et Kopa, en noir et blanc, où l’on se dit : « mais c’était quoi ce sport, c’est lent, manque de technique… ». Et avec le temps, tout ceci a bien évolué.
    Le foot féminin, en bénéficiant de l’exemple de son homologue masculin, sera amené à connaître une évolution rapide… Pour les bons, comme pour les mauvais aspects.
    La battle continue ? 😜

    Aimé par 1 personne

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