La tordue: l’heureux mix

Un petit homme tordu, dans un désert tout tordu, a trouvé du gaz tordu pour faire des billets tous tordus. Achète un club tordu. Une fifa et des présidents tordus. Construit aussi des stades tordus. Tous ensemble ils ont vécu une compétition tordue.

Pendant ce temps, j’ai six ans dans la gare Saint Charles, en plein été, et tous les morts sont encore vivants. Direction la villa de mon oncle, pour manger la paella que ma mère va nous preparer, et trembler devant l’équipe carioca. Zico tire un penalty sur la gauche de Bats, qui part du bon côté et repousse la frappe du « Pelé blanc », avant qu’Amoros ne dégage en corner. Ça exulte dans toute la maison. Les verres se renversent, les assiettes se retrouvent par terre, les femmes se mettent à gueuler, les hommes continuent de crier et de chanter… Il reste du temps, et rien n’est gagné, mais il flotte à l’intérieur un doux parfum de confiance et d’allégresse. Et moi je photographie l’instant. « C’est là, à jamais sur le bloc note de ma mémoire, black sur white, et quoi que je fasse ça me reviendra en flash back bordel, jusqu’à ce que je claque! »

Puis, d autres visions, d’autres souvenirs.

En 1990, le viaduc de Milla. Santa Maradona priez pour vous, et vos passes imprécises qui terminent dans les gants de Thomas Nkono.

Un italien qui surgit de l’ennui, une demi heure avant la fin, et qui place sa tête sur le premier ballon qu’il touche. Son nom, c’est Toto Squillaci. Toto, Totoooo.

Une victoire du Kaiser. Vivement qu’il mette les pieds sur la Canebière. Ou pas. Mais rien ne vaudra un renard aussi vif qu’un Voller

Sous le soleil de Californie, il n’y a que Roberto Baggio qui a encore peur des monstres et des bébêtes oh, après avoir sauvé l’Italie à lui tout seul contre le Nigeria.

Allez plus haut, et s’ecraser. Lechtkov, ça sent vraiment la bonne affaire. Ou pas.

Tous les chemins mènent à Romario.

Et un, et deux, et trois zéro.

 » At first i was afraid, i was petrified ». La lala lala…

Les yeux dans les bleus, je lui dirais des mots bleus, des mots qu’ont dit avec la foule, immense.

Il est tombé par terre, c’est pas la faute à Chilavert

L’arrogance à la française, en Corée et encore. Partout des publicités de Zidane, et un maillot bleu qui porte déjà deux étoiles. On commence quand à jouer, dis Roger?

C’est quand même fou de se dire que Marcelo Bielsa n’a pas fait mieux que Roger Lemerre.

En revanche, Ronaldo, le brésilien, ne meurt jamais!

Quatre ans plus tard, ich bin ein domenech.

Zizou danse avec les étoiles, et je jongle avec les bouteilles. Espagne, Brésil, Portugal, autant de comètes qui me passent par la tête. Ca s’arrose?

Les célébrations se terminent bourrées au bord de mer, avec de belles (?) inconnues allongées à l’arrière de ma 205 rouge.

Je suis Zizou, et tout s’acheve en coup de boules.

Et puis soudain tout s’accélère. Y a t il un pilote dans le bus?

Est ce que vuvuzela, s’il vous plaît? C’est pour chasser la taupe de Patrice Evra.

Suarez donne un coup de main, les hollandais des coups de pieds.

Ini-esta espléndido!

Et puis le Brésil, et puis la Russie.

Et puis on perd, et puis on gagne.

Et puis je m’en fous, surtout. Je regarde les matchs quand j’ai le temps, si je n’ai rien d’autres à faire. La seule chose dont je me souvienne ce sont les terrasses pleines à la Plaine, derrière chez moi.

C’est quand même long un mois tordu: ils reviennent quand tous mes soleils, vêtus de bleus et de blancs?

J’ai six ans à la gare Saint Charles, en plein hiver, et mes morts sont toujours vivants, contrairement à tous ceux qui ont construits ces stades. Dans quelques temps, un petit homme tordu dans un désert tordu achetera une compétition tordue. Une compétition bien fade et indigeste, que j ai déjà oublié avant même qu’elle ait déjà commencé.

Et je préfère, de loin, me resservir une part de souvenirs. Nous sommes en 86, et c’est bientôt Platoche contre les « bosch ». La revanche de Séville 82 nous est servi sur un plateau. Mieux vaut une défaite ressassée qu’un repas avarié.

Allez, à table les enfants ! Les petits, et tous ceux devenus grands! Zico s’élance, et nous sommes tous à cran sur le canapé. La paella de ma mère, une explosion de joie, soudain, et toute la magie de l’enfance entre dans la danse. Zico rate son tire pour l’éternité. « Jusqu’à ce que je claque! »

6 commentaires sur « La tordue: l’heureux mix »

    1. C était vraiment une compétition à part. En dehors des matchs de l OM, c est sans doute le seul moment où je continuais à regarder du foot quand j ai commencé à me désintéressé de ce sport, et à m interesser à tout le reste

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