Être roi de ses humeurs

J’avais prévu de faire une petite pause, le temps de concevoir quelques bonhommes de neige, mais je suis retombé sur un billet écrit par Cavanna (le fondateur de Charlie) et sur une réflexion importante que j’avais envie de partager. Dans ce vieux numéro, paru au siècle dernier, l’écrivain d’origine italienne s’étonnait de l’utilisation systématiquement négative de l’expression  » il n’y en a pas des masses ». Par exemple, on ne dira pas  » il y a des masses de manifestants dehors », mais plutôt  » des trains, il n’y en a pas des masses aujourd’hui ». Pour revenir à un sujet qui nous rassemble ici, personne ne dira:  » Il y a des masses de buts depuis que Tudor est l’entraîneur », ou encore « des spectateurs, il y en a des masses à chaque matchs au Vélodrome « . On dira plutôt:  » le stade affiche complet depuis le printemps dernier. » A l’inverse, dans une formulation tournée en négation, cela fonctionne toujours. Par exemple: « Des matchs avec l’OM, Bailly n’en a pas fait des masses ». Surtout si la suspension de 7 matchs venait à être confirmée. De même, on ne dit pas:  » des victoires à la maison, on en a des masses », mais bien:  » des défaites à domicile, on n’en a pas des masses ». Ajaccio et Lens, Francfort et Tottenham . Cela fait déjà assez mal au cul comme ça. Hors de question que Rennes ou Monaco viennent s’ajouter à eux. La fin de saison sera très belle, j’espère. Parce que des titres, depuis 10 ans, on n’en a pas des masses !

Autre choses, autres moeurs. Le personnage des Simpson « Monsieur Burns », connu dans le monde réel sous le patronyme de Jean Michel Aulas, va très mal. Outre une ancienne joueuse qui accuse Monsieur Burns de l’avoir mise en quarantaine, elle et son salaire, lorsqu’elle a été atteinte par ce virus que l’on appelle la grossesse. Outre cette vidéo où on le voit expliquer dans un franglais ridicule la composition de son equipe à Textor, dans une parfaite parodie des Deschiens. Outre tout ça, son club part en couille. Ça perd contre Strasbourg, alors que le verbe « gagner » ne se conjugue même plus en allemand. Ça prend des buts plus cons les uns que les autres. Le public réclame du sang, et surtout des têtes ( si possible, celle de joueurs de couleur, « tradition » oblige). Bref, il n’y a plus grand monde qui assure au Groupama stadium. Ça sent le cramé sur le toit et tout brule chez monsieur Burns. « Burn motherfucker » comme dit la chanson.  » we don’t need no water, let the motherfucker burn! » Forcément, maintenant qu’il y a le feu, il n’y a plus personne pour balancer des bouteilles de Cristallines. « Burn motherfocker »

Autre chose, autre humeur. Je ne suis pas spécialement amateur de paris en ligne, mais chacun fait ce qu’il veut de sa thune. Je ne suis pas spécialement amateur de publicités, mais chacun fait ce qu’il veut de son cerveau. Mais il y a pire qu’une pub: une pub avec les joueurs du psg ! Et pour la pub de « parions sport » avec les hommes de El Khelaïfi en tête de gondole, ils n’ont rien trouver de mieux que de salir « where is my mind » des Pixies . Pour être exact, c’est la reprise au piano d’un certain Maxence Cyrin qu’ils ont collé sur la tête de Marquinhos et compagnie, mais cela n’en demeure pas moins un moment de gerbe. Certes, il existe beaucoup de choses plus graves dans la vie, mais le psg salit tout ce qu’il touche. Ils salissent le sport, et maintenant la musique. Pour rappel, cette chanson est le titre qui a fait connaître le groupe sur l’album Surfer Rosa, sorti en 1988. C’est aussi le morceau qui sublime la dernière scène de Fight Club ( aucun rapport avec Bailly), quand nous comprenons qui est Tyler Durden, que le monde s’ecroule, une image furtive, et: « Tu m’as connu à un moment étrange de mon existence. Tout va aller pour le mieux désormais ! »Surtout que de la bonne musique dans les années 80, cela arrivait d’en trouver en cherchant bien; mais il n’y en avait pas des masses.

Pour finir, Éric Bailly est donc suspendu 7 matchs pour son geste. 7 matchs. Je ne dis pas que le geste est maîtrisé et ne mérite pas de sanction, évidemment. Mais combien ont déjà pris les joueurs des autres équipes pour un geste similaire ? Oui, que dalle comparé à lui. Ils se foutent ouvertement de nous à la commission de la FFF  » Burn motherfuckers. Burn! » Notons toutefois que nous pouvons dans ce cas présent écrire  » de l’honneur, ils n’en ont pas des masses », mais aussi: » ils sont complètement à la masse, ces cons ».

Comme l’écrivait Camus, au début de La Chute:  » Être roi de ses humeurs, c’est le privilège des grands animaux ! » Ils ne devaient pas être de bonne humeur à la commission de la FFF. Du coup, merci, c’est mon tour à présent d’être de mauvais humeur pour conclure ce billet. Vive le roi !!! MEEEUUUH….

3 commentaires sur « Être roi de ses humeurs »

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